Rapport explicatif

Consultation 2005/43: Evolution future de la politique agricole (Politique agricole 2011) · 368 pages

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Conditions-cadre de la production et de l’écoulement (titre 2 LAgr)

tion de la production laitière. En effet, les exploitants pratiquant une production laitière intensive ont, en ce qui concerne les coûts, un avantage sur ceux qui ont opté pour une exploitation extensive lorsqu’ils gardent des vaches à haute performance laitière. Or, pour mettre à profit le potentiel de ces animaux, ils doivent les nourrir avec des aliments (concentrés) à haute teneur nutritive. Il suffit alors d’une surface minimale comparativement plus petite pour assurer l’existence d’une exploitation que dans le scénario du report de fonds sur les paiements directs.

¾ Même si le contingentement laitier était maintenu, le prix du lait baisserait sen-

siblement dans les années à venir, notamment en raison de la réallocation des fonds affectés au soutien du prix du lait. L’effet de soutien direct disparaîtra. En outre, les accords bilatéraux conclus avec l’UE prévoient, à partir de l’été 2007, la franchise douanière pour les exportations et les importations de fromage. Le libre accès aux marchés suisse et européen poussera au rapprochement des prix dans le commerce de gros. Pour garder leurs parts de marché, les fournisseurs suisses devront proposer leur fromage au même prix que ceux de l’UE. Il faut par conséquent que les transformateurs puissent acheter le lait à des prix également compétitifs. En l’absence de mesures de soutien, le prix du lait en Suisse s’adaptera donc au niveau européen plus bas.

¾ Si le soutien du marché était légèrement réduit de 2007 à 2011, mais mainte-

nu en principe, et que les fonds fédéraux disponibles restaient constants durant cette période, le prix du lait se stabiliserait probablement autour de

60 centimes d’ici à 2011. Comme les effectifs bovins par hectare de surface herbagère ont tendance à diminuer, la production de viande devrait elle aussi reculer.

¾ Si les fonds consacrés maintenant au soutien du marché étaient entièrement

affectés à l’octroi de contributions UGBFG pour les vaches laitières, le prix du lait baisserait et n’atteindrait plus que 42 à 50 centimes d’ici à 2011. Or, un prix de 42 centimes ferait diminuer la production d’environ 3%. L’octroi d’une contribution de 700 francs pour les vaches laitières contribuerait cependant à la stabiliser au niveau actuel. Quant à la production de viande, elle devrait plutôt diminuer en raison de la baisse des effectifs de bovins par hectare de surface herbagère.

¾ Si l’OMC adoptait une formule de réduction radicale des droits de douane et

que le soutien du marché était entièrement réalloué, le prix du lait s’établirait à environ 42 centimes; le prix effectif dépend toutefois aussi de l’évolution des quantités. Les modélisations indiquent une augmentation des importations de viande (+30%) qui ferait baisser les prix de 20% au moins jusqu’en 2011 (année de référence 2001).

¾ Mises à part les conditions-cadre politiques et économiques, l’évolution du prix

du lait dépendra fortement de la manière dont les consommateurs réagissent aux changements de prix et de la préférence qu’ils accordent aux produits laitiers suisses. La pression sera plus forte si l’élasticité de la demande par rapport aux prix est faible, ou s’il faut compter avec davantage d’importations ou moins d’exportations.