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Consultation 2019/42: Message concernant l'encouragement de la culture pour la période 2021 à 2024 (Message culture) · 72 pages
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Diffusion et promotion internationale
– Soutien aux tournées et festivals internationaux: Pour répondre à l’intérêt croissant de l’étranger pour la musique suisse, des fonds supplémentaires seront alloués à sa diffusion (soutien de tournées, programmes de festivals internationaux ciblant spécifiquement la Suisse).
– Compétitivité: La compétitivité des créateurs suisses en matière de tournées internationales sera améliorée par des mesures appropriées, comme la participation aux coûts de booking et de diffusion.
– Promotion: Les forums mis en place ces dernières années et les mesures nouvellement lancées seront reconduites, assouplies et étendues à d’autres régions. Les invitations d’organisateurs étrangers seront développées et étendues à d’autres multiplicateurs et partenaires de coopération.
– Coopérations: De nouvelles coopérations avec des acteurs internationaux (institutions d’encouragement, réseaux d’organisateurs, etc.) favoriseront un meilleur maillage des créateurs suisses et leur donneront accès à des nouvelles possibilités de créer et de se produire.
2.3.6 Cinéma
La Suisse connaît une forte création cinématographique et une culture cinématographique non moins vivante. Sur les quelque 10 000 films de fiction produits chaque année dans le monde, environ 500 sont projetés dans les cinémas suisses. En 2016 et 2017, le nombre des spectateurs est resté stable (quelque 13,8 millions d’entrées), pour chuter à 12 millions en 2018. Les écrans des cinémas multiplex, qui attirent quelque 40 % des spectateurs, sont dominés essentiellement par les superproductions américaines. Par rapport aux pays voisins, la Suisse dispose encore, dans toutes les régions, d’un grand nombre de cinémas petits et moyens, qui offrent une programmation variée. Grâce à la numérisation de la projection, les petits cinémas et ceux de la campagne ont le même accès que les grands centres à tous les films, contrairement à autrefois.
La politique fédérale du cinéma a pour but d’encourager la création helvétique ainsi que la diversité et la qualité de l’offre cinématographique, de renforcer la culture cinématographique suisse, enfin de conserver et rendre accessible le patrimoine cinématographique. Cette politique se fonde sur trois piliers: 1° encouragement du cinéma (production et exploitation); 2° culture cinématographique (festivals, formation continue, promotion); 3° patrimoine cinématographique. L’efficacité et l’opportunité de ses instruments sont évaluées régulièrement.
La numérisation du marché du cinéma – de la production à l’archivage à long terme, en passant par l’exploitation – ainsi que le changement foudroyant des habitudes des consommateurs de médias sont les facteurs qui affectent le plus la création cinématographique suisse. Tous les acteurs, des salles de cinéma aux entreprises de distribution, doivent ne pas se laisser distancer par les innovations techniques permanentes et les nouvelles habitudes de consommation. Enfin les festivals de cinéma jouent en Suisse un rôle toujours plus affirmé en ce qui concerne la diversité de l’offre, la promotion, la médiation et l’exploitation des films. Ils contribuent à la participation culturelle et ont donc une part décisive dans le succès des films auprès du public.
2.3.6.1 Encouragement du cinéma
Contexte et défis
L’encouragement fédéral du cinéma se fonde sur trois instruments: 1° aide sélective; 2° aide liée au succès; 3° investissement dans la cinématographie en Suisse. L’aide sélective prend en compte la diversité et la qualité de la production cinématographique et de l’exploitation qui en est faite. L’aide liée au succès tient compte du nombre d’entrées en salle et du succès dans les festivals internationaux. L’investissement dans la cinématographie en Suisse renforce la compétitivité internationale de la place audiovisuelle suisse.
Étant donné sa fragmentation linguistique, le marché suisse du cinéma est trop petit pour fonctionner selon une pure logique d’économie de marché. La Confédération y joue donc un rôle central en tant que principal mécène. SRG SSR joue également un rôle important dans l’encouragement (Pacte de l’audiovisuel). Les autres chaînes nationales et régionales de télévision qui diffusent des films dans leurs programmes sont aussi tenues de contribuer au soutien du cinéma suisse. Quant aux grands services en ligne qui offrent des films, il manque actuellement une obligation correspondante de soutenir la production indigène.
Au niveau régional, différentes instances cantonales et intercantonales, comme la Fondation zurichoise pour le cinéma, la Fondation romande pour le cinéma (Cinéforom) et les instances bernoises ou bâloises soutiennent l’élaboration et la production de films suisses.
Au cours de la période 2016 à 2020, l’encouragement fédéral du cinéma a été adapté dans différents domaines. On a notamment mis en place le nouvel instrument dit de l’investissement dans la cinématographie en Suisse qui instaure des incitations financières afin que les coproductions transfrontalières avec participation suisse et les films «purement» suisses soient réalisés davantage en Suisse et y génèrent leur création de valeur (cf. ch. 1.4.1).
Introduit en 2012, l’encouragement des treatments (esquisses de scénario) a cessé en 2017 suite au programme de stabilisation de la Confédération. Des comités dont la composition change tous les deux ans ont été créés pour l’examen des requêtes. À partir de 2019, les demandes de coproductions minoritaires ont été évaluées par des expertises individuelles et par un système de points où les aspects liés à la production sont pondérés plus fortement.
Une attention particulière a été vouée à la question de l’égalité de l’accès à l’encouragement (pour les femmes et la relève). Dans l’aide sélective, à qualité égale, les projets présentés par les femmes et les jeunes réalisateurs sont privilégiés depuis 2016.
Ces prochaines années, la recherche de films sur les plateformes virtuelles et leur consommation sur des appareils mobiles ne feront qu’augmenter. Le cinéma traditionnel continuera toutefois à jouer un rôle important en tant que lieu d’expérience communautaire. Étant donné la durée toujours plus courte de la première exploitation d’un film, l’accès large et à long terme des films constituera un défi pour le grand public. Pour améliorer la visibilité de la production cinématographique suisse, il convient de renforcer la coopération internationale. Il faudra veiller alors en particulier à l’équilibre entre les productions minoritaires et majoritaires, c’est-à-dire celles financées majoritairement en Suisse.
Cela dit, l’encouragement du cinéma devra notamment affronter les défis suivants ces prochaines années:
– La diminution, ces dernières années, des coproductions transfrontalières minoritaires compromet les coproductions majoritaires avec l’étranger. L’introduction, à partir de mi-2016, de l’investissement dans la cinématographie en Suisse n’a pas encore réussi à inverser la tendance. Cet instrument n’incite pas encore assez à tourner des coproductions minoritaires en Suisse.
– Dans le domaine des instruments d’encouragement, l’introduction de critères spécifiques pour encourager l’égalité d’accès au soutien du cinéma a fait ses preuves. Il faudra cependant surveiller l’égalité des chances dans la durée.