Progetto
Consultazione 2009/141: Rapporto sul futuro delle reti infrastrutturali nazionali in Svizzera · 75 pagine
Fedlex · Progetto · Pagina 8Fedlex · Progetto
- 6 -
principale ou dans un nœud central risque, dans le pire des cas, de paralyser l’ensemble du réseau s’il n’existe aucune possibilité équivalente (redondance) de contourner un goulet d’étranglement.
Or, la fonctionnalité des réseaux d’infrastructure ne dépend pas de leur seule architecture, mais aussi de l’interaction entre le réseau et les processus. Et dans ce cas également, on constate des différences sectorielles. Le volume du trafic routier résulte des décisions d’innombrables conducteurs et ne peut donc pas être déterminé précisément au préalable. En revanche, le trafic ferroviaire est réglé en fonction d'un horaire fixe. Tant que le réseau dispose de capacités suffisantes, ces différences au niveau de la gestion des processus ne sont pas déterminantes. Mais sitôt le réseau exploité à la limite de ses capacités, la donne change. Les processus coordonnés de manière décentralisée ont alors tendance à se bloquer spontanément aux endroits critiques (p. ex. aux carrefours) et en l’absence de redondances, risquent de s'étendre à d'autres parties du réseau situées à proximité. Si l’on veut repousser le plus possible l’instant critique où le système «bascule», une coordination centralisée doit donc prévaloir de manière ponctuelle sur les décisions décentralisées (p. ex. au moyen d’une signalisation).
Cependant, cette interaction complexe n’existe pas uniquement entre le réseau et les usagers et entre ces derniers, mais aussi entre les réseaux. Selon les circonstances, les réseaux peuvent être liés par un rapport de substitution (les trains à grande vitesse remplacent les vols court courrier) ou de complémentarité (les centrales à cycle combiné nécessitent des conduites de gaz). Cette complexité est renforcée par des spécifications techniques et des processus variant énormément, ceci à plusieurs niveaux du même réseau ; à preuve la situation en Europe qui découle de l'évolution historique. L' interopérabilité transfrontière des réseaux européens d'infrastructure passe soit par le biais d'une harmonisation des normes techniques11 soit - si cela s'avère impossible ou trop compliqué - par du matériel d’exploitation utilisable dans plusieurs systèmes12.
2.3 Caractéristiques économiques
En règle générale, l’édification d’un réseau d’infrastructure nécessite d’importants investissements, souvent qualifiés de «coûts irrécupérables»: comme la plupart des installations ne répondent qu’à un objectif précis, il est très difficile de les exploiter dans un autre secteur ou de les vendre sur un marché libéralisé lorsqu'elles ne sont plus utilisées; le capital investi est donc irrémédiablement «perdu». Cette réalité pose un sérieux obstacle aux investissements dans de nouvelles infrastructures. En revanche, une fois les investissements réalisés, les coûts marginaux engendrés par l’exploitation des réseaux sont le plus souvent modestes, parfois même allant s'amenuisant, à condition cependant de ne pas atteindre la limite des capacités13: si un appel téléphonique supplémentaire n’alourdit pas les charges
11 Cette tâche est du ressort d’organisations internationales telles que l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), l’Union internationale des chemins de fer (UIC), la Commission électrotechnique internationale (CEI), la Conférence européenne des administrations des postes et des télécommunications (CEPT), etc.
12 Les adaptateurs convenant pour différents types de prises électriques représentent un exemple tiré de la vie quotidienne. Dans le trafic ferroviaire transfrontalier, on utilise souvent du matériel roulant qui peut être exploité avec des systèmes de sécurité, des types de courant et des écartements différents.
13 Si la limite des capacités est atteinte, il en résulte généralement une augmentation nette des coûts moyens et marginaux parce que l'infrastructure doit être équipée d'aménagements coûteux. Si la capacité supplémentaire est assurée, les coûts moyens baissent à nouveau alors que la demande croît et ceci jusqu'à la prochaine hausse.