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Consultation 2015/55: Stratégie de la Suisse relative aux espèces exotiques envahissantes · 83 pages
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Stratégie de la Suisse relative aux espèces exotiques envahissantes Projet
Evaluation du potentiel Malgré les études pratiquées depuis des décennies, il est toujours aussi invasif difficile de prévoir le potentiel invasif d’une espèce. Cela tient en particulier
au fait que ce potentiel dépend étroitement des conditions extérieures. Wittenberg (2006)17 affirme ainsi qu’une espèce qui, aujourd’hui, est parfaitement inoffensive peut, demain, devenir une espèce problématique notamment suite à des changements intervenus à l’échelle mondiale.
Ce chercheur énumère les catégories de facteurs susceptibles de transformer une espèce exotique inoffensive en espèce envahissante :
les facteurs caractéristiques de l’espèce (facteurs intrinsèques) : capacité d’adaptation aux conditions du milieu et à des zones climatiques différentes, haute tolérance aux facteurs abiotiques, capacité de reproduction ou de propagation élevée ;
les facteurs liés aux relations entre espèces (facteurs extrinsèques) : nombre de prédateurs naturels, nombre d’espèces concurrentes indigènes et exotiques, propriétés du sol, nature et fréquence des perturbations, etc. ;
le facteur humain : l’intérêt et l’importance que revêt une espèce pour l’homme influe sur les modes et les vecteurs d’introduction.
Par ailleurs, on estime que le changement climatique modifiera les aires de répartition des espèces indigènes. Les niches écologiques ainsi rendues vacantes seront disponibles pour des espèces exotiques mieux adaptées, lesquelles auront la capacité d’assumer – à la place des espèces indigènes d’origine – des fonctions écologiques importantes dans ces nouvelles biocénoses composées d’espèces différentes18.
Etant donné le caractère dynamique de ces processus, il est important de réexaminer régulièrement le potentiel de nuisance de chaque espèce afin d’adapter son évaluation si nécessaire.
Evaluation du potentiel L’appréciation des dommages causés par des espèces exotiques envahisde nuisance santes peut varier selon les acteurs, en fonction de l’endroit où ces dom-
mages se produisent et de l’importance des atteintes subies par les uns et les autres. Il faut donc faire la synthèse de ces perceptions subjectives souvent différentes pour obtenir une vision globale. A cet effet, il est utile de recourir à un système plurisectoriel de quantification du potentiel de nuisance, comme par exemple une échelle mesurant les effets nuisibles et incommodants (cf. Amman et al. 201019). Cette démarche permet de comparer les dommages provoqués par plusieurs espèces même s’ils concernent des biens à protéger différents.
Coûts
Attendre augmente les Les mesures de lutte contre la propagation d’espèces exotiques envahiscoûts santes ont un coût. Il y a néanmoins lieu de penser que les dommages que
ces espèces sont susceptibles de provoquer sont beaucoup plus coûteux (cf. ill. 1-4). Dans le cadre de l’analyse nationale des dangers20, par
17 Wittenberg R. (éd.) 2006: Espèces exotiques en Suisse. Office fédéral de l’environnement, Berne. Connaissance de l’environnement n° 0629: 154 p. http://www.bafu.admin.ch/publikationen/publikation/00028/index.html?lang=fr
18 Williams C.E. 2005. Potential Valuable Ecological Functions of Nonindigenous Plants. In: Luken J.O. & Thieret J.W. (eds.) Assessment and Management of Plant Invasions, 26-34. Springer, New York.
19 http://www.nfp59.ch/files/dokumente/Ammann_Daniel_Summary_D_E.pdf
20 www.risk-ch.ch