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Consultation 2015/55: Stratégie de la Suisse relative aux espèces exotiques envahissantes · 83 pages
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Stratégie de la Suisse relative aux espèces exotiques envahissantes Projet
1 Introduction
1.1 Situation de départ
Transferts d’espèces L’accès à une part plus importante de la diversité biologique qui existe sur
notre planète est une grande richesse pour la vie d’un très grand nombre d’êtres humains1. La mondialisation apporte à la société et à l’économie le bénéfice de transferts d’espèces à l’échelle de la planète qui ont pris une ampleur sans précédent. L’agriculture, la sylviculture, la pêche, le commerce des animaux, l’horticulture, le paysagisme et beaucoup d’industries employant des matières premières biologiques exploitent actuellement des espèces provenant de contrées lointaines.
Les flux croissants de marchandises et de voyageurs donnent lieu à l’introduction délibérée ou accidentelle de nouvelles espèces animales et végétales provenant d’autres continents, qui rentrent en Suisse par différentes voies. Or, certaines de ces espèces peuvent nuire à la santé des êtres humains, des animaux de rente et des plantes, provoquer des dommages économiques ou se propager aux dépens d’espèces indigènes et, de ce fait, porter atteinte à la biodiversité locale et aux services écosystémiques. Les espèces qui présentent ces caractéristiques sont dites « envahissantes ».
1.1.1 Définitions
Espèces En accord avec l’usage international2, le terme « espèce » est utilisé ici pour
désigner une espèce, une sous-espèce ou une sous-population. Il a donc une acception plus large que son sens taxonomique strict. Il se rapporte à toutes les entités biologiques capables de se reproduire ou de transférer du matériel génétique, en particulier les animaux, les plantes, les champignons et les microorganismes. Le droit suisse utilise le terme « organisme » (p. ex. ordonnance sur la dissémination dans l’environnement, ODE).
Exotique On qualifie d’« exotiques » les plantes, animaux, champignons et microorga-
nismes qui ont été transférées hors de leur aire de répartition naturelle du fait d’activités humaines3. Ce transfert peut être intentionnel (introduction volontaire ou délibérée) ou accidentel (introduction involontaire ou fortuite). Il faut faire la distinction avec les espèces qui se propagent hors de leur aire de répartition naturelle par elles-mêmes. Comme ce transfert a lieu sans intervention humaine, par exemple suite à des changements climatiques, les espèces concernées ne sont pas considérées comme « exotiques ».
Envahissant On qualifie d’« envahissantes » les espèces exotiques dont on sait ou dont
on doit supposer que leur propagation en Suisse peut porter atteinte à la
1 UICN (McNeely et al. éd.) 2001 ; Stratégie mondiale sur les espèces exotiques envahissantes, UICN Gland, Suisse / Cambridge, UK.
2 Cf. http://www.cbd.int/invasive/terms.shtml
3 Consulter également : http://www.cbd.int/invasive/WhatareIAS.shtml