Rapport explicatif

Consultation 2005/43: Evolution future de la politique agricole (Politique agricole 2011) · 368 pages

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Partie générale

Sécurité de l’approvisionnement

La production indigène est la principale base de l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires. En couvrant 60% de la consommation (ch. 1.2.2.1), l’agriculture suisse contribue de manière substantielle à la sécurité de l’approvisionnement. Elle permet ainsi, d'une part, de limiter la dépendance de notre pays des importations et, d'autre part, de préserver à long terme le potentiel de production, en particulier la fertilité du sol, mais aussi le savoir-faire et les investissements. S’il disparaissait, la reconstitution de ce potentiel en cas de besoin serait coûteuse et prendrait beaucoup de temps.

Or, l’approvisionnement en denrées alimentaires produites à proximité est un besoin explicite de la population. C’est pourquoi la plupart des pays développés soutiennent leur production indigène et tirent parti de leur potentiel agricole. Ils estiment nécessaire d’assurer leur propre approvisionnement de base, même si une division du travail plus poussée influerait favorablement sur le bien-être social. Cette remarque vaut particulièrement pour les pays affichant un taux d’auto-approvisionnement bas comme la Suisse (60%), le Japon (40%) ou la Norvège (50%)14. Aussi ces pays se sont-ils regroupés dans les négociations OMC en cours15, afin de préserver un taux d’auto-approvisionnement approprié au sein du système commercial multilatéral.

Préservation des bases naturelles de la vie

Dans une Suisse où dominaient les forêts, le sol fertile et cultivé a été conquis au fil des siècles par le défrichement et l’exploitation agricole. Cette dernière empêche la repousse de la forêt tandis que la production durable maintient la fertilité du sol. Les terres cultivées sont ainsi conservées comme base alimentaire de la population.

La situation est similaire en ce qui concerne la biodiversité. Les champs offrent en partie un habitat à des espèces de plantes et d’animaux autres que celles vivant dans la forêt. Ces espèces sont généralement tributaires d’une exploitation extensive, mais aussi d'une utilisation régulière des terres, car leurs habitats disparaîtraient en cas de reboisement. Il en va de même pour les divers organismes vivant dans le sol, et notamment pour de très nombreuses espèces de micro-organismes importants pour la fertilité du sol.

La diversité des plantes cultivées et des animaux de rente est également une base importante de l’existence. Elle renferme les ressources génétiques dont l’agriculture a besoin pour adapter la production en fonction, par exemple, des préférences des consommateurs, des conditions-cadre économiques ou des changements climatiques, mais aussi pour lutter naturellement contre les parasites et les maladies. Aujourd’hui, la base génétique utilisée dans la production agricole est souvent très étroite. Les cultures fourragères font exception à cette règle. Grâce à l’exploitation de sites avec des degrés d’intensité variés, l’agriculture suisse conserve une multitude de prairies extrêmement riches en variétés et en écotypes. De nombreux pays prennent également des mesures pour conserver les espèces, les variétés et les races ne servant plus à la production.

14 Comparé à d’autres pays, le taux d’auto-approvisionnement bas de ces pays est imputable à la très petite surface agricole utile disponible par habitant (Suisse : 0,14 ha SAU en 2003).

15 G10 : Suisse, Liechtenstein, Japon, Corée du Sud, Bulgarie, Taiwan, Islande, Israël, Norvège et Ile Maurice