Rapport explicatif

Consultation 2011/110: Rapport sur l'avenir du 2<sup>e</sup> pilier · 172 pages

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système de caisse unique irait ainsi dans un sens totalement opposé à la tendance qui a cours en matière de surveillance.

En guise de conclusion, on peut affirmer que le système de la caisse unique, qui permettrait certes de remédier à certaines dérives actuelles, ne serait toutefois manifestement pas la panacée au vu des importants effets négatifs qu’il engendrerait. Globalement, les avantages d’une telle révolution du 2e pilier ne l’emportent pas sur ses inconvénients.

Cette solution n’est pas une option pour la Commission LPP.

3.3.1.3 Solution B : définir une taille minimum pour les institutions de prévoyance

Si l’idée de la caisse unique n’est prônée que par peu de spécialistes, une concentration est toutefois souhaitée par la plupart. Un mouvement de concentration naturel est d’ailleurs observé ces dernières années : une institution de prévoyance sur dix a ainsi disparu en Suisse depuis le début du XXe siècle60. Un phénomène comparable est d’ailleurs observé dans d’autres pays d’Europe, dont la France depuis le début des années 200061. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir s’il serait judicieux d’imposer des prescriptions plus strictes en matière de taille minimum des institutions de prévoyance afin de renforcer encore ce phénomène naturel dans le but de tendre à un meilleur rapport qualité/prix du 2e pilier sans toutefois favoriser le développement d’effets indésirables.

De l’avis de ses partisans, une concentration des institutions de prévoyance présenterait tout d’abord un avantage financier, dès lors que les coûts de fonctionnement d’une grande caisse sont moindres. Il semble en effet clair a priori que la grandeur d’une institution de prévoyance a une influence positive sur ses coûts tant administratifs que de gestion de la fortune, en tout cas jusqu’à une certaine taille (cf. théorie des économies d’échelles).

Par ailleurs, les institutions qui possèdent une fortune élevée disposent de davantage de possibilités de placement car l’accès à certains investissements n’est possible qu’à partir d’une certaine fortune.

Concernant ces deux premiers points, l’étude commandée par l’OFAS62 montre que les institutions de prévoyance de petite taille assument des frais de gestion de la fortune plus élevés que les grandes institutions de prévoyance. La différence s’explique pour une bonne part par la taille des mandats, les mandats importants permettant de négocier de meilleures conditions auprès des fournisseurs de produits financiers. Une autre raison qui explique que les coûts sont plus élevés réside dans le fait d’acquérir des produits issus de la banque de détail plutôt que de celui du marché des placements (réservés aux institutionnels).

Il a toutefois été démontré que ce ne sont pas les institutions les plus grandes, ni les plus petites d’ailleurs, qui réalisent le meilleur rendement63. Cet argument plaide en faveur des institutions de taille moyenne. Les institutions de grande taille respectent par ailleurs la loi des grands nombres et permettent par là une (meilleure) compensation des risques64. Cette

60 Depuis plusieurs années, un phénomène de concentration est observé, Cf. Statistique des caisses de pensions, 2002, p. 29 ss. Cf. également Zimmermann Heinz / Bubb Andrea sur mandat d’Avenir Suisse, Les risques de la prévoyance, 2002, version abrégée, p. 25.

61 Cf. Thomas Carlat, L’Agefi (France) du 23.4.2009, « Les institutions de prévoyance accélèrent leur mue ». Selon cet auteur, les partenaires sociaux ont lancé depuis 2001 un vaste processus de rationalisation des caisses de retraite, tendant à la création d’une plate-forme unique pour la gestion des caisses de retraite complémentaires, baptisée « usine retraite ».

62 Mettler Ueli / Schwendener Alvin, sur mandat de l’OFAS, Frais de gestion de la fortune dans le 2e pilier, rapport de recherche 3/11, Berne 2011, sur http ://www.bsv.admin.ch/praxis/forschung/publikationen/index.html?lang=fr&vts=3%2F11&bereich%5B0%5D=% 2A&mode=all&anzahljahre=5. Voir également le chap.14 du présent rapport.

63 Swisscanto, Les caisses de pension suisses 2010, sur http ://www.swisscanto.ch/.magnolia/protected/pdfLink/show.set-23592.language-fr.pdf, p. 41.

64 Laurent Bühlmann (Quelle taille pour assumer le risque de longévité ?, in Prévoyance professionnelle suisse, n° 02/11, p. 31 ss) souligne que, du fait du vieillissement de la population, le poids relatif des rentiers va devenir préoccupant. Selon les estimations, le ratio d’un retraité pour quatre actifs constaté au début des années 2000 passera en effet à un retraité pour trois actifs d’ici 2020 et près d’un retraité pour deux actifs d’ici 25 ans. Or, le risque de se retrouver avec un nombre d’assurés survivants supérieur à ce que les tables de mortalité prévoient est un danger d’autant plus grand que l’effectif est faible ; cela est en effet également une conséquence de la loi