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Consultation 2025/83: Stratégie en matière de politique de sécurité de la Suisse 2026 · 64 pages

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Stratégie de la Suisse en matière de politique de sécurité 2026, [projet mis en consultation]

Russie contre l’Ukraine marque une césure dans le domaine de la politique de sécurité dont les répercussions se font également sentir directement en Suisse. La sécurité de la Suisse n’avait plus fait l’objet de menaces aussi graves et aussi variées depuis des décennies. La Suisse doit investir dans sa sécurité si elle entend protéger son territoire, sa population, ses valeurs et ses intérêts.

Plusieurs développements affaiblissent l’ordre international. La Russie continue de revendiquer une sphère d’influence. Elle oriente son économie vers la guerre et ses forces armées vers une confrontation potentielle avec des États occidentaux. Cette situation risque encore de dégénérer en guerre entre la Russie et les États de l’OTAN. La Chine s’affirme davantage en tant qu’acteur mondial et poursuit des objectifs politiques, économiques et territoriaux clairs. Elle développe ses capacités militaires et renforce son influence régionale et mondiale.

Outre la guerre en Ukraine, la rivalité entre les États-Unis et la Chine constitue l’évolution principal dans le domaine de la politique de sécurité. Les deux pays voient dans leur force économique et militaire le meilleur moyen d’atteindre leurs objectifs. Les États-Unis conservent leur position dominante sur le plan militaire et économique. Ils sont cependant de moins en moins disposés à assumer leur rôle traditionnel de garants de l’ordre mondial.

Cette nouvelle politique de puissance a pour conséquence que les relations internationales sont à nouveau déterminées plus fortement par certains États et par des coalitions changeantes et plus informelles. Le droit international perd de sa force, et il est plus difficile de trouver un consensus au sein des institutions internationales. Le monde devient plus fragmenté et plus instable. La Chine, la Russie, la Corée du Nord et l’Iran, tissent des liens politiques, économiques et militaires. La Russie brandit régulièrement la menace nucléaire. Les incitations à la prolifération nucléaire augmentent.

De nouvelles formes et de nouveaux moyens de confrontation marquent tant les relations internationales que le théâtre des opérations. La mondialisation et la division internationale du travail créent de la richesse, mais elles s’accompagnent aussi de risques. Les grandes puissances se servent de ces dépendances comme des moyens de pression pour atteindre leurs objectifs politiques, économiques, technologiques et militaires. Les États affectés tentent de réduire leurs vulnérabilités.

Les conflits hybrides sont une combinaison de moyens déployés par un agresseur étatique dans le but de déstabiliser un autre État, de nuire au fonctionnement de ses institutions ou de le soumettre à sa volonté. Ils englobent tout l’éventail des moyens de pression et peuvent aller jusqu’à la menace et l’usage de la force militaire. Dans une zone grise sur le plan du droit international, ils compliquent la tâche des défenseurs, qui peinent à déceler et à parer les menaces à un stade précoce.