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Consultation 2010/28: Message sur le financement de la culture pour les années 2012 à 2015 (message sur la culture) · 96 pages
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2.1.2 Création culturelle
2.1.2.1 Promotion du cinéma
Les faits, le contexte et les défis
En 2009, les films suisses ont réalisé au moins 550 000 entrées, sur un total de 14,3 millions d’entrées enregistrées par les salles du pays, ce qui correspond à une part de marché de près de 4%. Au cours de la dernière décennie, la part de marché du cinéma suisse a considérablement fluctué, oscillant entre un minimum de 2,1% et un maximum de 9,6% (coproductions comprises). Les années à succès, comme 2006, montrent que l’industrie cinématographique suisse, malgré sa taille modeste, a la capacité de conquérir un public et de s’imposer face à la concurrence internationale. Des productions suisses figurent parfois au programme des festivals internationaux les plus prestigieux, tels que Cannes, Berlin et Venise. Le cinéma documentaire suisse est très remarqué au niveau international et l’on ne peut que souhaiter au cinéma de fiction d’acquérir une réputation comparable.
Sur le marché de l’audiovisuel, la concurrence est très forte. Le nombre de films lancés chaque semaine augmente, tandis que le nombre d’entrées reste constant ; de ce fait, la durée du passage à l’affiche de chaque film se raccourcit à vue d’œil. Certains facteurs contribuent à augmenter la pression qui, en Suisse, s’exerce sur la production cinématographique et sur la branche du cinéma, notamment la mode des multiplexes (huit salles ou plus), dont la programmation est dominée par les grandes productions américaines, et la mutation de la technique de projection, qui contraint les salles à passer à la technique numérique.
Du fait du pluralisme linguistique et culturel de la Suisse, son marché du film est fragmenté et il n’a pas la taille nécessaire pour que l’industrie du film autochtone puisse se battre à armes égales avec ses rivales des pays voisins et assurer sa survie par ses seuls moyens et en fonction des seuls critères de l’économie de marché. La Confédération joue donc ici un rôle essentiel, puisqu’elle est la principale source d’encouragement du cinéma indigène.39 Ses prestations sont cependant substantiellement complétées par celles de SRG SSR idée suisse (au titre du Pacte de l’audiovisuel). Parmi les institutions qui, au niveau régional, soutiennent financièrement le développement et la production de films suisses, il convient de mentionner la Fondation zurichoise pour le cinéma (Zürcher Filmstiftung) et le fonds romand Regio Films.
La politique cinématographique de la Confédération vise à encourager la création de films ainsi que la diversité et la qualité de l’offre, contribuant ainsi à renforcer la culture cinématographique suisse, en tant que partie intégrante de la culture et de l’identité nationales. C’est dans le cadre de cette mission que l’OFC cherche à mettre en place des conditions permettant la présence en Suisse d’une production
39 L’art. 7 de l’Ordonnance du DFI sur l’encouragement du cinéma (OECin, RS 443.113) prévoit qu’en règle générale la Confédération puisse financer jusqu’à 50% des coûts de production d’un film. Cependant, du fait que des soutiens provenant d’autres sources se combinent souvent aux aides fédérales, celles-ci couvrent en moyenne 30 à 40% des coûts de production. Dans chaque domaine d’encouragement, des montants maximaux sont prévus (par ex., pour les films de fiction : 1 million par film, ou jusqu’à 1,5 million dans des cas exceptionnels).