Rapport explicatif

Consultation 2011/110: Rapport sur l'avenir du 2<sup>e</sup> pilier · 172 pages

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de pensions distingue les investissements dans des hedge funds, le private equity et les autres placements alternatifs :

Hedge funds : Ce domaine comprend de nombreuses stratégies, dont le nombre augmente en permanence. Les hedge funds utilisent souvent un effet de levier, avec des produits dérivés, et effectuent des ventes à découvert. Ils peuvent porter sur des catégories de placement classiques (actions, monnaies, obligations…), mais peuvent aussi concerner des produits relativement exotiques. Leur transparence est souvent restreinte. Selon la stratégie adoptée, la liquidité des produits peut également être limitée. On distingue en gros trois stratégies : relative value (valeur relative, souvent neutre par rapport au marché), event driven (stratégie déterminée par les événements) et stratégies opportunistes / directives. Les stratégies sont très diverses, et avec elles les niveaux de risque. Les stratégies neutres par rapport au marché sont souvent considérées comme peu risquées, contrairement aux stratégies directives. Mais la perception du risque peut fort bien évoluer au cours du temps. Par exemple, alors que les stratégies convertible arbitrage, qui forment une souscatégorie de relative value, ont longtemps été considérées comme peu risquées, elles ont entraîné en 2008, pour diverses raisons, des pertes plus élevées que les autres. C’est pourquoi il faut toujours vérifier précisément pour chaque fonds l’exposition aux risques sous différents aspects, comme le risque de crédit, le risque de liquidité ou encore le risque entraîné par l’utilisation d’un levier (crédit). Un savoirfaire spécifique est nécessaires pour cela. L’avantage des hedge funds est qu’ils sont rentables y compris sur un marché difficile, par ex. en cas de recul du marché des actions ou d’augmentation du risque de crédit. Ils peuvent donc permettre de compenser les pertes enregistrées dans d’autres catégories de placement. Ils permettent également d’avoir une exposition adaptée aux conditions ambiantes. Il existe dans ce domaine des stratégies très pertinentes porteuses de risques limités, comme equity market neutral, qui consiste à s’appuyer sur l’évolution relativement plus favorable de certains titres par rapport à l’évolution générale du marché pour réaliser une plus-value. Autrement dit, une telle stratégie permet de réaliser un résultat positif alors même que le marché recule.

Private equity désigne le capital investi en participation dans des sociétés. La plupart du temps, les sociétés, et les participations correspondantes, ne sont pas cotées en Bourse. On distingue souvent deux stratégies : les participations dans des sociétés jeunes et innovantes (mise à disposition de capital risque / « venture capital ») et les participations dans des sociétés déjà cotées. Dans le premier cas, il s’agit de mettre à la disposition d’entreprises, généralement au début de leur « cycle de vie », du capital et souvent aussi des connaissances en management pour qu’elles puissent se développer et réaliser au bout de quelques années des rendements intéressants. Dans le deuxième, il s’agit de racheter des entreprises et d’en développer les potentiels financiers ou d’en exploiter les réserves. La procédure utilisée est souvent celle du leveraged buy out (LBO) ou du management buy out (MBO), le LBO étant notamment critiqué du fait qu’il implique le rachat d’entreprises ayant une proportion importante de fonds étrangers, qui doivent alors contribuer avec un cash flow élevé (ou des réserves existantes) à réaliser un rendement élevé des fonds propres (cf. le débat sur les « fonds sauterelles » en Allemagne100). Pour le venture capital comme pour les participations avec une part élevée de fonds étrangers, les risques de perte des stratégies private equity sont relativement plus élevés que la moyenne, surtout en cas de crise, et la liquidité est souvent restreinte.

Les principales autres formes de placements alternatifs sont les suivantes :

 Commodities / matières premières : les matières premières comprennent toutes

les ressources naturelles, notamment les métaux précieux (or, argent), le pétrole,

100 Cf. http://de.wikipedia.org/wiki/Heuschreckendebatte. Ces fonds acquièrent notamment des entreprises qu’ils morcèlent ou exploitent financièrement (en faisant des profits). Un débat existe pour savoir si une telle approche est dommageable sur le plan économique.