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Consultation 2025/83: Stratégie en matière de politique de sécurité de la Suisse 2026 · 64 pages

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Stratégie de la Suisse en matière de politique de sécurité 2026, [projet mis en consultation]

n’excluent pas la possibilité de recourir également à des moyens militaires pour reprendre le contrôle de Taïwan, le cas échéant. Une telle guerre aurait des répercussions majeures à l’échelle mondiale. Pour l’heure, les dirigeants politiques de la Chine ne devraient toutefois pas chercher à provoquer une escalade militaire compte tenu des dépendances économiques du pays et des risques de propagation ou d’échec d’une action armée.

Les États-Unis tournés vers le Pacifique

Outre la guerre en Ukraine, la rivalité entre les États-Unis et la Chine constitue le développement principal dans le domaine de la politique de sécurité. Les deux pays voient dans leur force économique et militaire le meilleur moyen d’atteindre leurs objectifs, et cherchent à bénéficier d’une avance technologique. Il reste à voir dans quelle mesure cette rivalité donnera naissance à deux sphères d’influence économiques, politiques et technologiques cloisonnées.

Les États-Unis conservent leur position dominante sur le plan militaire et économique. Leur système d’alliances est très étendu, bien que l’on ne sache plus très bien dans quelle mesure ils y adhèrent encore. Les États-Unis sont de moins en moins disposés à assumer leur rôle traditionnel de garants de l’ordre mondial. Ils poursuivent de plus en plus une politique extérieure et de sécurité guidée par d’étroits intérêts nationaux, ce qui est particulièrement préoccupant pour la sécurité de l’Europe et donc pour la sécurité de la Suisse.

Le système multilatéral actuel en crise

Cette nouvelle politique de puissance a pour conséquence que les relations internationales sont à nouveau plus fortement marquées par les intérêts de certains États et par des coalitions changeantes et plus informelles. Le monde devient plus fragmenté et plus instable. Les institutions internationales éprouvent des difficultés à s’imposer car le droit international est de plus en plus souvent bafoué par de grandes puissances. Les mécanismes de résolution pacifique des différends ne sont plus véritablement efficaces, comme l’illustrent les conflits violents et les changements durables dans la configuration géopolitique au Proche-Orient.

Parallèlement, la Chine, la Russie, la Corée du Nord et l’Iran tissent de plus en plus de liens politiques, économiques et militaires. La guerre contre l’Ukraine a accéléré ces rapprochements. La Russie et la Chine ont développé leurs échanges de technologies militaires ; il est possible qu’à l’avenir, ces échanges portent également sur les missiles hypersoniques, les capacités spatiales ou encore la technologie des sous-marins. Le commerce avec la Chine est décisif pour la poursuite de la guerre menée par la Russie. Les conflits en Europe et en Asie sont donc de plus en plus entremêlés.

Des puissances régionales comme le Brésil, l’Inde, l’Arabie saoudite ou la Turquie nourrissent de plus grandes ambitions de pouvoir. Certains de ces États approfondissent leurs relations et leurs échanges commerciaux avec la Chine, tout en comptant encore sur une coopération