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Consultation 2025/83: Stratégie en matière de politique de sécurité de la Suisse 2026 · 64 pages

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Stratégie de la Suisse en matière de politique de sécurité 2026, [projet mis en consultation]

avec les États-Unis. Les pays du Sud global s’investissent davantage pour contribuer à modeler les institutions et normes internationales. Le groupe des BRICS élargi représente un format concurrent au G7 occidental.

L’espace orbital est lui aussi de plus en plus souvent le théâtre de luttes de pouvoir et de perturbations potentielles. Les opérations de sabotage et les capacités militaires croissantes dans l’espace orbital font peser un risque de dommages collatéraux, y compris pour l’Europe et la Suisse.

Enfin, la plupart des puissances nucléaires étoffent leurs arsenaux tant sur le plan qualitatif que quantitatif, tandis que la Russie brandit régulièrement la menace nucléaire. Les incitations à la prolifération nucléaire augmentent. Le risque d’escalade nucléaire a atteint un niveau qui n’a plus été vu depuis des décennies. Le recours à des armes nucléaires ou à d’autres armes de destruction massive aurait des conséquences catastrophiques pour le monde.

2.2 Nouvelles formes et nouveaux moyens de confrontation

Instrumentalisation des interdépendances économiques

Les dernières années ont montré que la mondialisation et la division internationale du travail créent de la richesse, mais qu’elles s’accompagnent aussi de risques. Des crises sont susceptibles de perturber l’approvisionnement en biens et prestations importants dans le monde entier, voire de l’interrompre. Les dépendances sont particulièrement marquées en ce qui concerne les semi-conducteurs de pointe, les terres rares et les logiciels, qui sont indispensables ou difficiles à remplacer. D’importantes dépendances subsistent également en lien avec les biens médicaux et techniques : on pense en particulier aux masques d’hygiène durant la pandémie de COVID-19, aux médicaments ou encore aux panneaux solaires, dont la production en Europe est complexe et coûteuse.

Les grandes puissances se servent de ces dépendances comme des moyens de pression pour atteindre leurs objectifs politiques, économiques, technologiques et militaires. Elles recourent de plus en plus à des contrôles des exportations unilatéraux, à des sanctions, à des droits de douane ou à des subventions pour empêcher leurs rivaux d’accéder à des biens et technologies essentiels, restreindre les échanges commerciaux ou stimuler leur propre innovation et production. Face aux tensions qui règnent entre les grandes puissances, de nombreux États tentent de réduire leurs vulnérabilités en adoptant des contre-mesures. Ils se dotent toujours plus de réglementations dans les domaines de la recherche et de l’immigration afin d’empêcher la fuite de savoir-faire critique, par exemple en ce qui concerne les technologies à double usage, qui ont des applications aussi bien civiles que militaires. Ils examinent les investissements pour déterminer leur impact sur l’ordre public ou la sécurité. Ils contrôlent