Rapport explicatif
Consultation 2008/61: Rapport sur la politique suisse en matière de navigation · 71 pages
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Référence du dossier: 012.21/2008-04-15/134
qui connaissent de hauts salaires. Pour réduire au maximum les coûts élevés de l’équipage et maintenir leur capacité concurrentielle, les compagnies peuvent soit moderniser la flotte et ainsi diminuer l’effectif des marins au strict nécessaire sur le plan technique et autorisé administrativement ; soit enregistrer les bateaux sous un pavillon bon marché, dit "pavillon de complaisance" (45% de la flotte mondiale). Faute de marins suisses, la majeure partie des équipages des navires suisses est constituée de ressortissants étrangers59.
Etant donné que la demande de main-d’oeuvre maritime ne cesse d’augmenter, le manque de personnel qualifié, notamment des officiers, se manifeste dans le monde entier, raison pour laquelle les armateurs ont toujours plus de difficultés à recruter du personnel qualifié. On constate ainsi une tendance à la hausse des salaires et une recrudescence des accidents occasionnés par des erreurs humaines (p. ex. à cause d'incompréhension linguistique).
Un grand nombre de gouvernements et d’armateurs des pays industrialisés a reconnu le problème et essaie de promouvoir la formation des marins à l’aide de fortes subventions et d'investissements conséquents. Les armateurs japonais, par exemple, investissent beaucoup dans la formation des marins philippins qui représentent le groupe professionnel le plus important dans le monde entier. La Confédération encourage la formation en accordant une aide financière aux futurs marins. Cette aide peut représenter jusqu’à deux tiers des coûts de formation. Parmi les six armateurs qui exploitent des bateaux sous pavillon suisse, seuls deux forment une relève60.
Bien que les profils professionnels maritimes soient variés, de moins en moins de jeunes professionnels choisissent la carrière de marin. Les armateurs expliquent ce manque d’enthousiasme par un déficit au niveau des connaissances linguistiques et par une résistance insuffisante au stress physique et psychique. Par ailleurs, d’autres raisons jouent un rôle non négligeable : les longues absences hors du pays, les séjours souvent trop courts dans les ports et les perspectives modestes dans le domaine des salaires. Cette tendance s'observe aussi avec un certain retard dans les professions terrestres liées au contexte maritime.
A l’heure actuelle, les jeunes gens bien formés qui s’intéressent à la navigation maritime choisissent plutôt la voie académique et fréquentent les hautes écoles nautiques à l’étranger. Lorsqu’ils exercent ensuite, pour la première fois, la fonction d’officier nautique ou technique sur un bateau, ils peuvent bénéficier de promotions assez rapides et devenir capitaine ou ingénieur en chef. De tels spécialistes nautiques sont très demandés : de nombreuses portes s’ouvrent à eux, tant sur terre que sur mer. Les armateurs et les entreprises de navigation et de logistique cherchent à engager de tels professionnels, surtout lorsqu’ils peuvent justifier de quelques années d’expérience.
Navigation intérieure
La navigation intérieure doit affronter des problèmes de recrutement tout aussi importants que ceux de la navigation en mer. En Suisse, dans la région de Bâle, dix entreprises forment encore des marins pour la navigation intérieure. A l’heure actuelle, 17 apprentis sont en formation. Plus de la moitié d’entre eux terminent leurs apprentissages chez la plus grande société au monde de navigation fluviale à voyageurs et non plus sur des bateaux à marchandises classiques appartenant à la navigation intérieure.
Faute de relève, l’Ecole suisse de navigation, Bâle, a été fermée il y a quelques années, raison pour laquelle les armateurs envoient leurs apprentis à l’Ecole professionnelle maritime de Duisburg. Par ailleurs, des efforts sont en cours dans le cadre de la révision des profils professionnels. Ils visent à ce
59 Plusieurs centaines de marins sont occupés sur des bateaux suisses et environ une dizaine d'entre eux seulement possèdent la citoyenneté suisse. À noter que ces chiffres sont très fluctuants. 60 À l’heure actuelle, dix apprentis sont en formation.