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Consultation 2011/70: Stratégie biodiversité Suisse · 79 pages
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Rapport Stratégie Biodiversité Suisse OFEV 2011
ment qui ont reculé. Mais les modes d’exploitation agricole influent sur la biodiversité
de manière indirecte également, par exemple lorsque les apports en fertilisants débor-
dent dans les milieux naturels faute de zones-tampon. Les émissions d’ammoniac sont
un facteur particulièrement négatif pour la biodiversité en général et pour les forêts, les
eaux et les zones humides en particulier.104
La diversité des plantes cultivées et des races d’animaux de rente fait également partie Diversité des variétés de de la biodiversité dans l’agriculture. Suite à l’augmentation de la production agricole plantes cultivées et des durant les années d’après-guerre, beaucoup de variétés et de races adaptées aux stations races d’animaux locales ont perdu de l’importance. Elles ont été remplacées dans l’ensemble de la
Suisse par des variétés et des races à fort rendement. Ces pertes sont en partie irréver-
sibles, notamment dans les grandes cultures. Le commerce et la grande distribution ont
accentué cette évolution en se concentrant sur un petit nombre de variétés.
Au milieu des années 80, la politique agricole a réagi à ces évolutions en séparant la Paiements directs politique des prix et la politique des revenus avec l’introduction du système des paie-
ments directs. Ces derniers ont été progressivement assujettis à des prescriptions et des
incitations à produire dans des conditions respectueuses de l’environnement et à déve-
lopper la biodiversité. Grâce à l’évolution des priorités et à des instruments complé-
mentaires dans le domaine des améliorations foncières, on s’efforce depuis les années
90 de corriger les orientations suivies pendant la guerre et l’après-guerre, qui paraissent
aujourd’hui erronées, à travers des projets intégrant dans les mesures d’amélioration
foncière les espaces nécessaires à l’écologie (compensation écologique, revalorisation
et remise à ciel ouvert des cours d’eau), avec des incitations financières à l’appui.
La Confédération a instauré en 1993 le principe de la compensation écologique sur les Compensation surfaces agricoles utiles105, créant ainsi une incitation à contrer l’appauvrissement des
écologique
paysages et la disparition des espèces. La compensation écologique sur les surfaces
agricoles utiles a pour but essentiel de maintenir et développer la diversité biologique
dans la zone agricole ainsi que de préserver les structures et les éléments paysagers
typiques. Par des paiements directs, la Confédération incite les agriculteurs à mettre en
place et à entretenir des surfaces de compensation écologique. Elle leur propose égale-
ment des services de conseil.
En 1996, la mission multifonctionnelle de l’agriculture a été inscrite dans la Constitu-
tion fédérale106. Depuis, la conservation des ressources naturelles fait partie des tâches
essentielles de la politique agricole. Selon la Constitution, la Confédération encourage,
au moyen de mesures incitatives présentant un intérêt économique, les formes d’ex-
ploitation particulièrement en accord avec la nature et respectueuses de l’environ-
nement et des animaux.
Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’agriculture107 en 1998, le dispositif
Loi sur l’agriculture et
des prestations écologiques requises (PER) subordonne l’obtention de paiements ordonnance sur la directs à la mise en place de surfaces de compensation écologique représentant 7 % de qualité écologique la surface agricole utile (3,5 % pour les cultures spéciales). Mais comme l’utilité de ces
surfaces pour la diversité biologique n’était pas équivalente partout, l’introduction en
2001 de l’ordonnance sur la qualité écologique a permis de faire un premier pas dans la
création d’incitations visant à améliorer la qualité des surfaces et à les mettre en réseau
104 Bobbink, R. et al. (2011) Review and revision of empirical critical loads and dose-response relationships. Proceedings of an expert workshop, Noordwijkerhout, 23-25 June 2010. Netherlands: National Institute for Public Health and the Environment 105 Les dispositions afférentes figuraient à l’époque dans l’ordonnance sur les contributions écologiques (OCEco), avant d’être reprises dans la loi fédérale du 22 avril 1998 sur l’agriculture (loi sur l’agriculture, LAgr; RS 910.1) 106 Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101)
107 Loi fédérale du 29 avril 1998 sur l’agriculture (loi sur l’agriculture, LAgr; RS 910.1)