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Consultation 2025/83: Stratégie en matière de politique de sécurité de la Suisse 2026 · 64 pages

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Stratégie de la Suisse en matière de politique de sécurité 2026, [projet mis en consultation]

données internationales. De ce fait, elle est également considérablement exposée aux attaques. Les perturbations et les pannes de ces infrastructures peuvent concerner toute l’Europe. Une combinaison ou un enchaînement d’événements a le potentiel de provoquer des difficultés d’approvisionnement et des pénuries en Suisse comme dans les pays voisins. Les infrastructures critiques peuvent être attaquées par des moyens cyber, par des actions de sabotage ou encore, dans des cas extrêmes, par des armes à longue portée dans le but de frapper la Suisse, mais aussi d’autres États, alliances ou institutions.

Une composante de la sécurité européenne

La Suisse est entourée de pays de l’UE et de l’OTAN. Les États européens à la frontière avec la Russie, mais aussi l’OTAN et l’UE dans leur ensemble, prennent la menace russe très au sérieux et augmentent considérablement leurs dépenses militaires. En réaction à l’évolution de la situation sécuritaire, la Finlande a adhéré à l’OTAN en 2023, suivie par la Suède en 2024. L’UE soutient ses États membres dans le cadre du développement de leurs capacités de défense et industries de l’armement. Ces mesures entendent faciliter et accélérer les acquisitions communes. L’Europe accroît aussi son soutien à l’Ukraine. L’effort en matière de politique de sécurité en Europe s’inscrit en partie dans des formats de coopération flexibles, selon le degré d’entente et de détermination des différents pays européens19.

La sécurité de la Suisse est liée à la stabilité de ses voisins et bénéficie de leur engagement en matière de politique de sécurité. Il est donc dans l’intérêt de la Suisse de s’impliquer dans ce processus. Les nouveaux formats de coopération dans le domaine de la sécurité offrent de nouvelles opportunités pour la Suisse. En contribuant efficacement à la sécurité de l’Europe, elle peut faire preuve d’une solidarité qui pourrait lui être bénéfique en cas de crises dans le domaine de la politique de sécurité ou de la politique extérieure. La coopération politico-sécuritaire internationale avec des États et organisations en Europe lui permet aussi de renforcer sa propre capacité de défense. Cependant, la Suisse n’a pas accès à tous les formats étant donné qu’elle n’est pas membre de l’UE ni de l’Espace économique européen. Membre associé de l’espace Schengen, la Suisse est en revanche étroitement impliquée dans la coopération européenne, où elle apporte des contributions à la sécurité intérieure commune et bénéficie elle-même de l’échange d’informations et de données dans le cadre de la lutte contre la criminalité transfrontalière.

19 On citera p. ex. la « coalition des volontaires », qui réunit actuellement 26 États, l’instrument Security Action for Europe (SAFE) de l’UE qui vise à renforcer l’industrie européenne de la défense et à améliorer la disponibilité collective, ainsi que le partenariat de sécurité et de défense (Security and Defence Partnership, SDP), collaboration bilatérale et multilatérale dans le domaine de la sécurité et de la défense entre les États de l’UE et des États tiers.