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Consultation 2007/76: Programme National Alcool 2008 - 2012 (PNA) · 66 pages
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La majorité des blessures résultent de chutes (50%), d’incidents mécaniques ou d’accidents de la route (env. 20% pour les deux cas). Le risque d’accident le plus important concerne les personnes pratiquant habituellement une consommation d’alcool peu problématique et s’enivrant ponctuellement.
Accidents de la route Environ 20% de l’ensemble des accidents de la route et plus de 12% des blessu-
res graves sont attribués aux effets de l’alcool. En 2005, on a déploré 77 morts et 586 blessés sur la route en Suisse (OFS 2006). Près d’un tiers des blessés graves deviennent des invalides partiels ou à 100% à long terme (BPA 2007), avec les frais que cela implique au niveau du traitement et de la perte d’emploi. Alcool et violence Plusieurs études attestent une relation de cause à effet entre l’alcool et la vio-
lence (BABOR et al. 2003). En Suisse, près de la moitié des agressions doivent être considérées comme causées par l’alcool pour les hommes, cette proportion étant de près d’un quart pour les femmes (GMEL et al. 2006). De même, l’alcool joue souvent un rôle dans les dégâts matériels dus au vandalisme.
L’alcool joue en outre un rôle dans ce que l’on appelle la violence chez les jeunes. Sur l’ensemble des actes violents commis par les jeunes, on peut en attribuer à l’alcool de 25% (bagarres individuelles) à 50% (bagarres entre groupes) chez les garçons et jusqu’à 30%, voire 70% chez les filles (KUNTSCHE et al.
2006). Une grande partie des actes de violence entre jeunes est le fait d’un groupe relativement restreint de jeunes qui s’enivrent fréquemment et dont le comportement attire aussi l’attention par ailleurs.
Sport L’alcool déploie son effet désinhibiteur plus particulièrement dans un contexte de
groupe ou de masse, raison pour laquelle on considère que sa consommation joue un rôle notable dans les agressions et les violences qui se produisent lors de grandes manifestations (p. ex. match de football ou de hockey). Au quotidien, il existe parfois une association pernicieuse entre le sport et l’alcool.
Violences domestiques Dans les violences domestiques, l’alcool joue aussi un rôle qu’il s’agit de ne pas
sous-estimer. Dans près de 40% de ces violences, les acteurs, en majorité masculins, sont alcoolisés. Ces violences domestiques sont faites notamment de coups, de menaces graves et d’agressions sexuelles, généralement vis-à-vis de la/du partenaire et des enfants. Si l’alcool n’est pas toujours la seule cause des violences perpétrées, il n’en favorise pas moins l’expression violente des conflits conjugaux et familiaux (MAFFLI et al. 2001).
Scènes ouvertes Ces dernières années, les rassemblements de personnes cherchant à s’enivrer
lors de fêtes et d’autres manifestations ou de personnes alcoolodépendantes dans les centres des localités et des villes se sont multipliés. Ils ont des effets négatifs sur le sentiment subjectif de sécurité de la population et contribuent souvent à rendre ces lieux peu accueillants.
Vue d’ensemble des coûts La consommation problématique d’alcool et l’alcoolodépendance entraînent des sociaux coûts extraordinairement élevés, qui incombent en grande partie à la collectivité.
En font partie notamment les thérapies et les traitements médicaux, les dommages causés par les accidents, les pertes d’emploi et de productivité (y compris les prestations de l’Assurance invalidité) et les coûts non matériels importants de la consommation d’alcool.
En 2003, les coûts sociaux liés à l’alcoolodépendance ont été estimés pour la Suisse, avec toutes les précautions requises, à 6.5 milliards de francs par an (JEANRENAUD et al. 2003). N’ont pas été pris en compte dans ce calcul les coûts importants générés par la consommation problématique (cf. chap. 1.3), la baisse de performances des consommateurs/trices à risque ou encore les dégâts causés par les violences exercées sous l’influence de l’alcool.
20 PNA 2008 – 2012