Rapport explicatif

Consultation 2019/32: Rapport explicatif sur la coopération internationale 2021-2024 · 50 pages

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sociales grandissantes). A ces défis s’ajoutent une panne de croissance économique ainsi qu’une gestion défaillante des ressources naturelles. Les intérêts de la Suisse sont multiples et marqués dans cette région qui lui est proche : source d’approvisionnement ou de transit énergétique, relations économiques, échanges culturels et sociaux en augmentation. Les risques sécuritaires, liés aux instabilités politiques, aux conflits armés en cours et à la montée de l’extrémisme violent aux portes de l’Europe, sont centraux. Les instabilités dans la région ont mené à des forts mouvements de migration et de déplacement forcé (notamment dans le contexte de la crise syrienne). En même temps, le Moyen-Orient est à la jonction des échanges commerciaux mondiaux qui connaissent une croissance rapide.

La coopération bilatérale au développement priorisera :

- La bonne gouvernance : soutien des autorités nationales et locales et de la société civile, accès

équitable à des services publics de qualité, gestion des finances publiques, y compris la mobilisation des ressources domestiques ;

- Le développement économique : favoriser la compétitivité, les conditions-cadres pour le secteur

privé et les conditions du marché du travail ;

- L’eau et l'adaptation aux changements climatiques ;

- L'enseignement de base et la formation professionnelle, inclusifs et de qualité ;

- La migration : meilleure gestion des défis et des opportunités.

L’Afrique subsaharienne connait une croissance démographique soutenue. D’ici 2030, neuf personnes sur dix vivant dans la pauvreté extrême seront en Afrique sub-saharienne. De vastes régions d'Afrique sont touchées par des sécheresses récurrentes ou des inondations amplifiées par les changements climatiques. Avec une population la plus jeune du monde, la région a un grand potentiel de force de travail. Même si beaucoup de pays de la région enregistrent une croissance économique élevée, dans d'autres pays, les conflits armés, la faiblesse des institutions gouvernementales et judiciaires, la corruption et la mauvaise gestion des affaires publiques freinent les investissements et le commerce. Une partie importante de la migration irrégulière et forcée vers l’Europe provient de l’Afrique subsaharienne. Les faibles systèmes de santé maitrisent difficilement les crises sanitaires (SIDA, Ebola) et contribuent aux résistances aux antibiotiques, menaces croissantes pour le monde et pour la Suisse. Même si les échanges économiques avec la Suisse sont encore modestes (à l’exception de l’exploitation des ressources naturelles), le marché africain présentera à long terme un potentiel pour les entreprises suisses.

Les priorités de la coopération bilatérale au développement sont différenciées entre pays stables et pays fragiles61.

Dans les pays stables de la région, les priorités sont :

- Le développement économique : création d’emplois et d’opportunités économiques équitables et

durables (y compris l'enseignement de base et la formation professionnelle), inclusion dans les marchés financiers, chaines de valeur régionales et globales ;

- La bonne gouvernance : meilleure gestion des affaires publiques, mobilisation des ressources

domestiques, renforcement de l’état de droit et inclusion des populations défavorisées ;

- La collaboration entre les pays de la région : renforcement par exemple de la libre circulation dans

la région des biens, des services et des personnes, pour créer des perspectives au sein de la région en tant qu'alternative à l'émigration vers l'Europe ;

- Le développement urbain : en particulier gestion d’énergie, mobilité et développement des

infrastructures de base.

Dans les pays fragiles de la région, les priorités sont :

- Les services de base équitables et de qualité (santé, éducation, accès à l’eau, sécurité alimentaire)

tenant compte des changements climatiques et des défis démographiques ;

- La bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la prévention des conflits, le respect des droits

de l’homme et la construction d’un état de droit.

L’Asie centrale, du Sud et du Sud-Est se caractérise par une forte croissance économique ces dernières décennies alors que l’héritage difficile des économies planifiées continue de caractériser certains pays d’Asie centrale. La forte réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté extrême reste cependant fragile : des chocs économiques, les effets des changements climatiques et l’insécurité alimentaire menacent d’anéantir les progrès acquis. La croissance n’est durable ni du point de vue environnemental (impacts de l’industrie extractive, activités énergivores, urbanisation incontrôlée) ni social (disparités et inégalités croissantes dans plusieurs pays, systèmes politiques autoritaires) avec comme possible conséquence des instabilités politiques et économiques. Vu le dynamisme et

61 L’OCDE définit la fragilité comme la conjoncture d’une exposition à des risques et d’une capacité insuffisante de l’Etat, d’un système ou d’une communauté à gérer, absorber ou atténuer ces risques. La fragilité peut avoir des conséquences dommageables comme la violence, la déliquescence des institutions, des déplacements, des crises humanitaires ou d’autres situations d’urgences. OCDE, Etats de fragilité 2016 : Comprendre la violence, p. 21, voir aussi : www.oecd.org/fr/cad > Etats de fragilité. Rapport explicatif sur la coopération internationale 2021-2024 (02.05.2019)