Rapport explicatif
Consultation 2019/32: Rapport explicatif sur la coopération internationale 2021-2024 · 50 pages
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processus politiques, en améliorant l'enseignement de base, en offrant des formations professionnelles ou en soutenant l'intégration dans le marché de travail local).
L’état de droit
La forte tradition démocratique est l’une des marques de fabrique de la Suisse dynamique et prospère. Le savoir-faire helvétique est reconnu dans le monde entier, où il est aussi très demandé. L’état de droit et le respect des droits de l’homme sont des préalables essentiels pour offrir aux populations des perspectives à long terme. La Suisse s’engage à renforcer la prise de responsabilité par les gouvernements partenaires, afin qu’ils s'attaquent aux obstacles au développement tels que la corruption, le clientélisme et la mauvaise gestion (par exemple en soutenant l’équilibre des pouvoirs et les mécanismes publics de supervision du gouvernement). Lorsqu’une collaboration avec des autorités centrales n’offre pas de perspectives de réformes à long terme, elle peut être une raison du retrait de la coopération bilatérale au développement. Dans ces cas, le travail avec les gouvernements régionaux ou locaux, qui profite à la décentralisation, la démocratisation et à la redevabilité des services proches de la population, ou encore avec des partenaires non gouvernementaux, peut offrir à moyen terme une alternative au travail avec les autorités centrales.
2.4.3 Autres accents L'engagement avec le secteur privé
Le secteur privé joue un rôle crucial pour la création d’emplois et le développement durable. Il est le moteur économique qui permet souvent la sortie de la pauvreté. Avec sa force d'innovation, ses connaissances spécialisées, ses canaux de distribution et ses opportunités d'investissement, son implication est incontournable pour la mise en œuvre de la CI. La Suisse entend diversifier et renforcer les collaborations avec le secteur privé et développer de nouveaux instruments financiers, y compris avec des prêts, des garanties ou des placements de capitaux. Par exemple, elle prévoit de renforcer le Swiss Investment Fund for Emerging Markets (SIFEM), qui octroie du capital à des entreprises de pays à revenu moyen et faible pour la création d’emplois décents et la mitigation des changements climatiques, par un apport en capital supplémentaire ou la possibilité d’utiliser des fonds concessionnels ou de garantie. Le DFAE et le DEFR développeront de nouveaux instruments financiers afin d’augmenter l’utilisation de fonds publics-privés également dans les contextes plus difficiles, tout en tenant compte des initiatives existantes. Ce faisant, elle apportera une attention particulière aux principes de subsidiarité et de non-distorsion des marchés. Ces analyses sont entreprises avec l’implication du Département fédéral des finances (DFF).
Le potentiel de la numérisation
Les nouvelles technologies présentent de nombreuses opportunités : paiements par téléphone mobile et autres innovations dans le secteur financier, utilisation des « blockchain » pour les services financiers, données satellitaires ou de drones pour des assurances contre les dommages causés aux récoltes, production d’énergie par les technologies solaires dans les contextes humanitaires, intelligence artificielle pour de meilleurs diagnostics médicaux, accès à l’information pour plus de transparence dans les processus démocratiques, etc. La CI mettra l’accent sur ces nouvelles technologies, en tenant compte également des expériences d'autres offices fédéraux ainsi que de la science. Par exemple, « Tech4Good » regroupe des initiatives qui mettent à profit les innovations technologiques pour améliorer les services publics et la vie des plus défavorisés, une approche intrinsèquement suisse. En partenariat avec le secteur privé, la Suisse s’engagera dans la nouvelle plateforme « GovTech » de la Banque mondiale pour une meilleure gestion des finances publiques.
L'engagement multilatéral
La Suisse s’engage en faveur du multilatéralisme, garant d'un ordre international basé sur le droit et non sur des rapports de force. Elle s’engage également pour une gestion plus efficace et efficiente des organisations multilatérales. La Suisse mettra un accent sur des réformes visant à renforcer et promouvoir les règles et normes internationales ainsi qu’une action mieux coordonnée entre les organisations pour plus d’impact dans les pays en développement.
Les approches intersectorielles
Afin de relever efficacement les défis du développement durable, tels que la migration ou les changements climatiques, la CI utilisera davantage des approches intersectorielles. Des actions visant plusieurs ODD et plusieurs secteurs permettent de gagner en efficience et seront renforcées. Par exemple, l’amélioration de la santé ne se limite pas à la qualité du système de santé, mais implique de travailler sur la qualité des aliments (pesticides), la pollution atmosphérique, la qualité de l’eau ou un habitat sain.
Rapport explicatif sur la coopération internationale 2021-2024 (02.05.2019)