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Consultation 2021/36: Rapport sur la politique de la sécurité 2021 · 45 pages

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Rapport sur la politique de sécurité (projet) Page 22 _____________________________________________________________________________________

régions en crise au Proche et Moyen-Orient et en Afrique du Nord présente notamment un risque d’infiltration d’acteurs djihadistes. Cependant, de nombreux États d’Europe, dont la Suisse, ont renforcé leurs contrôles auprès des requérants d’asile, en accordant une attention particulière aux djihadistes potentiels. Par ailleurs, beaucoup de routes migratoires ne sont plus aussi ouvertes et perméables qu’avant ; les pays de transit sur les principales routes migratoires ont amélioré leurs contrôles aux frontières. Les contrôles aux frontières extérieures de l’UE ont aussi été renforcés.

Les déclencheurs de la migration mondiale sont des conflits militaires, ethniques ou religieux dans certains pays, ainsi que des tensions sociales, de mauvaises situations en matière de sécurité, des persécutions politiques, la croissance démographique dans les pays à faibles revenus, une mauvaise économie, le chômage, l’absence de perspectives, la pauvreté et le manque de possibilités de formation. Le changement climatique également conduira à des flux migratoires en progression à moyen et à long terme. Dans les pays de destination, le besoin de main d’œuvre en raison du vieillissement de la population dans les pays à revenus élevés, les regroupements familiaux, les diasporas, la sécurité politique, une situation stable en matière de sécurité et des possibilités de formation favorisent l’immigration. La pandémie de COVID-19 risque de conduire à la détérioration de la situation économique et à un chômage plus élevé dans pratiquement tous les États. Toutefois, elle aura certainement des répercussions plus lourdes sur l’Afrique et le Proche et Moyen-Orient que sur beaucoup d’États européens. C’est pourquoi, en l’espace d’un à trois ans, elle pourrait conduire à une augmentation des flux migratoires.

Les demandeurs d’asile fuient d’abord vers les pays voisins des leurs. L’Europe et la Suisse sont toujours des objectifs importants pour les migrants, surtout pour ceux en provenance des pays du Proche et Moyen-Orient et d’Afrique. La route migratoire de la Méditerranée centrale (essentiellement de la Libye vers l’Italie) reste prioritaire pour la Suisse en raison de sa situation géographique. En deuxième place arrive la route orientale par la Méditerranée et les Balkans. La migration vers l’Europe de l’Ouest par la route occidentale (détroit de Gibraltar et îles Canaries) gagne de l’ampleur de manière générale, mais n’est que d’une importance mineure concernant la migration secondaire vers la Suisse. De par leur situation géographique, ces trois routes resteront les routes principales d’accès par la Méditerranée. Néanmoins, il faut s’attendre à une (nouvelle) diversification des routes ainsi qu’à une adaptation des réseaux de passeurs de même que des méthodes en fonction des mesures prises par les pays de transit et de destination. Des itinéraires alternatifs, par exemple une route nordique par la Russie et la Finlande, sont souvent trop difficiles et ont été empruntés par trop peu de migrants pour pouvoir être établis comme routes principales. Cependant, on ne peut pas totalement exclure l’apparition de nouvelles routes, surtout si d’autres États veulent utiliser la migration comme moyen de pression contre l’Europe. La migration par voie aérienne, par exemple en provenance d’Amérique du Sud, reste plutôt négligeable pour la Suisse, du moins à court et à moyen terme.

Reste à savoir si, en plus de la Turquie, d’autres États européens utiliseront également la migration comme moyen de pression. Entre-temps, on peut supposer que la Convention de Dublin restera en vigueur – cette dernière s’étant avérée être un moyen efficace de gérer la migration vers l’Europe, notamment aux yeux de plusieurs États importants de l’UE. L’incapacité à trouver des solutions durables aux frontières extérieures de Schengen et à réformer le système de Dublin risque d’affaiblir la capacité de l’Europe à gérer les