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Consultation 2021/36: Rapport sur la politique de la sécurité 2021 · 45 pages
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Rapport sur la politique de sécurité (projet) Page 19 _____________________________________________________________________________________
savants, les responsables économiques et les personnes exposées de certaines diasporas constituent aussi des cibles pour les services de renseignement.
Il en ira de même à l’avenir. Tout porte à croire que les ressources et les capacités des services de renseignement ne cessent de croître, moyens cybernétiques offensifs compris. La digitalisation crée de nouvelles possibilités permettant de dérober des informations sensibles ou de saboter des systèmes d’information. Il faut s’attendre à ce que l’augmentation des cyberattaques observée ces dernières années en Suisse, à des fins d’espionnage étatique, poursuit sur sa lancée.
2.3.8 Grande criminalité et criminalité organisée
La criminalité en Suisse est marquée par les possibilités technologiques qui se développent rapidement. Le monde criminel adapte ses méthodes de travail et utilise ces nouveaux instruments. La criminalité numérique (cybercriminalité) utilise des technologies modernes comme les services d’internet, les médias sociaux et le cryptage, en particulier pour les délits contre le patrimoine. Ces derniers peuvent être commis aussi bien par des groupes criminels organisés que par des auteurs sans grand niveau d’organisation.
La menace de la criminalité organisée vient essentiellement d’organisations mafieuses italiennes ; celles-ci sont actives à l’échelle nationale et menacent considérablement les institutions de notre État de droit et la place financière suisse. Leur présence forte et de longue durée, leurs relations familiales en Suisse et leur langue leur permettent d’infiltrer l’administration et l’économie.
En outre, les groupes criminels provenant d’États de l’ancienne Union soviétique représentent un potentiel élevé de menace pour la Suisse. Ils disposent souvent de moyens économiques importants et, dans certains cas, d’un soutien politique dans leurs pays d’origine. Ils sont actifs dans des domaines d’infraction auxquels la Suisse est particulièrement exposée en raison de l’attrait exercé par sa place financière (p. ex. blanchiment d’argent) ou qui touchent de près à la fonction de l’État et de ses autorités (p. ex. corruption). L’importance capitale de la place financière suisse pour les élites dirigeantes de ces pays constitue aussi une source de risques en matière de politique extérieure.
Les groupes criminels originaires d’Europe du Sud-Est représentent également une menace considérable. Bien organisés et très violents, ces groupes dominent certaines formes de criminalité, comme le trafic de drogue et la traite d’êtres humains.
Changements importants dans l’état de la menace
Les menaces hybrides ont particulièrement augmenté, notamment celles en provenance de l’espace cybernétique ou de l’espace de l’information, se traduisant par des activités d’espionnage, d’influence et de criminalité numérique. Les développements technologiques et l’érosion des instruments de contrôle des armements accroissent les risques de prolifération et le potentiel d’abus des technologies qui sont étudiées ou élaborées en Suisse. Les menaces issues du terrorisme et de la criminalité organisée subsistent. La polarisation sociale accrue peut contribuer à l’aggravation de la menace de l’extrémisme violent. Actuellement, les attaques militaires conventionnelles ne sont pas