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Consultation 2021/36: Rapport sur la politique de la sécurité 2021 · 45 pages
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Rapport sur la politique de sécurité (projet) Page 7 _____________________________________________________________________________________
élevée, la défense aérienne, les capacités efficaces et interconnectées de contrôle, de communication et de conduite, la digitalisation et les nouvelles technologies.
Pour convenir à ce large éventail de possibilités d’attaques, les forces armées doivent aussi être en mesure d’opérer dans la zone grise, entre le conflit armé ouvert et la paix. Pour ce faire, leurs aptitudes défensives et offensives sont consolidées dans le cyberespace. Les autorités doivent être à même d’identifier les agissements visant à influencer et à désinformer, et d’y réagir selon la nature du conflit.
Les moyens modernes de déroulement des conflits sapent les stratégies de dissuasion. Celle-ci repose sur le principe que l’adversaire doit croire, à travers une communication crédible, qu’il risque en cas d’attaque de subir des dommages qu’il n’est pas prêt à supporter. Mais cette dissuasion est en grande partie inefficace lorsqu’une attaque se déroule en dessous du seuil d’un conflit armé, que son auteur ne peut être déterminé de manière concluante et que la population se détourne en partie de son propre État du fait des activités de désinformation. La dissuasion militaire est donc complétée par un mélange d’instruments civils pour la prévention des conflits et le renforcement de la résilience de la société et de l’État face aux attaques hybrides.
Changements fondamentaux
La politique internationale en matière de sécurité est marquée par la concurrence entre les grandes puissances. Elle se manifeste dans une lutte d’influence et est renforcée par le progrès technologique. Dans le domaine de la technologie notamment naît une concurrence systémique entre les différents modèles d’économie et de développement. De même, le progrès technologique, avec la mondialisation, donne naissance à de nouveaux acteurs majeurs sur le plan de la sécurité politique, tels que des entreprises d’importance mondiales. En outre, une polarisation renforcée des sociétés, qui peut se manifester par l’extrémisme, est perceptible. Le modèle de conflit s’est fortement développé dans la direction décrite dans le rapport sur la politique de sécurité 2016. L’importance des outils d’information et des cyberoutils continue d’augmenter afin que les conflits se déroulent le plus secrètement possible, ce qui ne retire toutefois rien aux capacités conventionnelles des forces armées qui continuent de jouer un rôle important. Une dissuasion classique à elle seule est devenue en grande partie inefficace ; l’interaction entre les moyens civils et militaires et une résilience renforcée sont nécessaires.
2.2 Contexte
Le contexte qui influe sur la politique de sécurité de la Suisse n’a cessé de changer ces dernières années : la concurrence entre les grandes puissances et les puissances régionales émergentes s’est intensifiée, la capacité d’action de l’UE et de l’OTAN est mise au défi, l’instabilité à la périphérie de l’Europe s’est amplifiée. En même temps, les organisations internationales sont souvent bloquées dans des dossiers importants touchant la politique de sécurité.
La volonté de certains États, y compris des États européens, de s’engager ensemble pour la sécurité a décliné, comme en témoignent des coalitions ad-hoc ou certains États faisant cavaliers seuls. En outre, les États européens et les États-Unis sont confrontés à des tensions internes sociales, économiques et politiques qui pourraient aussi déboucher sur des conflits violents et qui attirent donc fortement l’attention des dirigeants. Dans