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Consultation 2021/36: Rapport sur la politique de la sécurité 2021 · 45 pages
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Rapport sur la politique de sécurité (projet) Page 9 _____________________________________________________________________________________
La sécurité déjà précaire dans la région du Sahel s’est encore amenuisée. Le terrorisme djihadiste a engendré le séparatisme, la violence interethnique, une mauvaise gouvernance, la corruption et la criminalité, et s’est répandu dans toute l’Afrique de l’Ouest. Les États touchés ne seront certainement pas en mesure de venir seuls à bout de ces menaces ; c’est pourquoi un engagement international reste important pour la stabilité de la région. Il y a peu de chance que l’augmentation de la population dans plusieurs États du Sahel soit compensée par les économies régionales, sans parler des conséquences économiques de la pandémie de COVID-19 qui freinent tout développement. Il est à supposer que la pression migratoire élevée sur les États d’Afrique du Nord, puis sur l’Europe, perdurera.
Les conflits en Méditerranée orientale et dans les régions adjacentes vont très probablement se poursuivre. En Syrie, une solution politique, nécessaire à la résolution du conflit qui la mine, reste encore à trouver. La Turquie s’éloigne des États occidentaux et coopère de manière accrue avec la Russie. L’objectif de la politique turque est de créer sa propre zone d’influence en Afrique du Nord ainsi qu’au Proche et au Moyen-Orient. Cependant, les réalités économiques, y compris les conséquences de la pandémie de COVID-19, pourraient restreindre la portée de sa politique extérieure et de sécurité dans les années à venir. La confrontation entre les États-Unis, Israël et les États arabes du Golfe d’un côté, et l’Iran de l’autre, continuera de marquer la dynamique de la région. Bien qu’une escalade militaire semble peu probable, elle pourrait être déclenchée par un incident militaire ou par une expansion massive des activités d’enrichissement d’uranium de l’Iran. Les États de la région, en particulier l’Irak et le Liban, sont confrontés à de lourdes crises socio-économiques et politiques persistantes, aggravées par la pandémie de COVID-19. À cela s’ajoutent des tensions entre groupes religieux et ethniques. Le conflit du Proche-Orient n’est toujours pas résolu et reste de grande importance pour la région, bien que son potentiel de mobilisation ait décliné aux yeux de l’opinion publique internationale. À l’avenir également, les groupes djihadistes utiliseront à leur avantage les tensions et conflits, les faiblesses économiques et la polarisation sociale dans les États de la région. L’interaction de ces facteurs peut conduire à des conflits armés nationaux et internationaux, comme à l’effondrement de divers États.
Le retrait partiel des États-Unis du Proche et du Moyen-Orient ainsi que leur retenue en Afrique du Nord augmentent les possibilités d’influence de la Russie, de la Chine, de la Turquie et de l’Iran dans ces régions. Les États européens devraient continuer à s’engager en Afrique du Nord et au Proche et Moyen-Orient sur le plan de la politique de sécurité, mais devront de plus en plus composer sur place avec les activités des Chinois et des Russes.
Concurrence entre les grandes puissances
Les États-Unis alignent stratégiquement leur politique de sécurité sur le défi posé par la Chine. La tendance à procéder unilatéralement et à se retirer des organisations ou des accords internationaux s’est amplifiée ces dernières années. Cependant, avec la nouvelle présidence, elle pourrait être inversée, au moins en partie. Les États-Unis disposent toujours d’énormes moyens économiques, diplomatiques et militaires ainsi que d’une puissance dite douce toujours considérable. C’est toujours la seule grande puissance qui dispose d’un potentiel évident pour un rôle de leader mondial. Toutefois, elle l’a peu exploité au cours de ces dernières années.