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Consultation 2021/36: Rapport sur la politique de la sécurité 2021 · 45 pages

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Rapport sur la politique de sécurité (projet) Page 8 _____________________________________________________________________________________

l’ensemble, l’effet protecteur du contexte géographique et politique de la Suisse décline car il est devenu instable, et certains événements éloignés peuvent rapidement et directement compromettre la sécurité du pays.

L’Europe occidentale et centrale se montre relativement stable et résistante aux crises. L’intégration économique et politique entre les États qui la composent pourrait ne pas être fondamentalement remise en question, malgré le Brexit et diverses crises.

L’UE, qui est l’une des plus grandes économies mondiales et actrice au niveau planétaire, a le potentiel pour s’imposer face à de grandes puissances comme la Chine ou les États-Unis. Toutefois, beaucoup de choses dépendent de sa cohésion interne. Trouver un consensus pour se positionner en matière de politique extérieure reste difficile. Alors que l’Europe joue un rôle incontestable en tant que plus grande donatrice mondiale d’aide au développement et défenseur de l’ordre multilatéral, son rôle actuel dans la politique de défense n’est que secondaire. Les initiatives telles que la collaboration structurée permanente ou le Fonds européen de la défense témoignent de la volonté politique à renforcer la capacité de défense, mais ne peuvent cependant pas faire oublier qu’à cet égard, l’Europe continue de fonctionner de manière fortement intergouvernementale et est encore loin d’être autonome dans les questions stratégiques face aux États-Unis et à l’OTAN. Néanmoins, en matière de sécurité intérieure, la situation est différente : grâce aux accords de Schengen, l’UE a réussi à promouvoir une coopération policière efficace. De nombreux développements ont été conclus avec succès.

La pandémie de COVID-19 a montré que les États et les sociétés sont, par réflexe, enclins à faire cavaliers seuls pour le moment. Au sein de l’UE, la politique de la santé relève de ses membres, raison pour laquelle l’Union n’est intervenue qu’en aval et en lien avec les questions économiques et financières. Actuellement, il n’est pas possible de prévoir dans quelle mesure la crise aura des répercussions structurelles et quelles seront les conséquences sur sa cohésion (en matière de politique de sécurité) et sa capacité d’action.

Les lignes de fracture entre l’Europe et la Russie ont continué de se renforcer, ce qui a des conséquences directes pour les États voisins occidentaux de la Russie, tout en pouvant pénaliser les intérêts de la Suisse. L’annexion de la Crimée, contraire au droit international, le conflit armé persistant dans l’est de l’Ukraine ainsi que l’utilisation d’armes chimiques contre des personnes honnies du pouvoir pèsent sur les relations entre les deux blocs. Même les futures relations entre l’UE et la Biélorussie restent incertaines. Les tensions politiques considérables et les conflits non résolus dans le Caucase du Sud peuvent tourner en hostilités ouvertes à tout moment.

L’Europe du Sud-Est est toujours confrontée à des tensions. Dans les Balkans occidentaux, le processus de rapprochement européen a des répercussions stabilisatrices sur la région, bien que le risque de conflit persiste sur place, par exemple entre la Serbie et le Kosovo ainsi qu’en Bosnie et Herzégovine.

L’instabilité des États d’Afrique du Nord a des conséquences directes sur la sécurité en Europe. Ces États jouent un rôle important dans la canalisation de la migration de l’Afrique subsaharienne. La pandémie de COVID-19 y a augmenté l’instabilité. L’Algérie doit affronter un surcroît de difficultés au niveau économique et dans sa politique intérieure. Dans les années à venir, il ne faut s’attendre à aucune solution politique viable pour le conflit en Libye. Le fait que des acteurs étrangers s’immiscent dans le conflit sur les plans politique et militaire ne facilite pas la recherche d’une solution.