Rapport et Projet
Consultation 2010/126: Politique agricole 2014-2017: Développement de la politique agricole dans les années 2014 à 2017 · 326 pages
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Futures conditions cadre
sion européenne a examiné 41 minéraux et métaux pour en retenir 14 considérées comme «critiques»71. En ce qui concerne leur approvisionnement, les risques élevés sont surtout dus au fait qu’une grande partie de la production mondiale provient essentiellement d’un cercle restreint de pays, à savoir la Chine (antimoine, spath fluor, gallium, germanium, graphite, indium, magnésium, terres rares, tungstène), la Russie (métaux du groupe du platine), la République démocratique du Congo (cobalt, tantale) et le Brésil (niobium et tantale). Cette concentration de la production est d’autant plus problématique qu’elle va souvent de pair avec une faible substituabilité et des taux de recyclage trop bas. De nombreuses économies émergentes appliquent des stratégies de développement industriel fondées sur des instruments commerciaux, fiscaux et d’investissement destinés à leur réserver l’exploitation exclusive de leurs ressources. Toutes les ressources non renouvelables ont en commun le fait que leur extraction devient toujours plus difficile et, en général, plus coûteuse. De plus, au fur et à mesure que l’exploitation s’intensifie, les contraintes exercées sur l’environnement augmentent. Ces deux facteurs conduisent tendanciellement à une hausse des prix. Cela vaut également pour les moyens de production agricoles, de sorte que les engrais phosphorés et azotés coûteront tendanciellement plus chers. Suite à la concentration de l’offre dans les pays riches en matières premières et au pouvoir de marché croissant de ces pays, on s’attend de plus à une augmentation de la volatilité des prix.
On doit également s’attendre à une raréfaction supplémentaire des ressources naturelles durant les quinze prochaines années. L’augmentation de la population mondiale et l’extension des agglomérations sont des facteurs qui à eux seuls permettent de prévoir une perte de 30 à 40 millions d’hectares de terres agricoles par le bétonnage d’ici à 2025. La plupart de villes étant situées dans des régions fertiles (régions côtières, estuaires), cette extension se fera probablement au détriment de bonnes terres arables. En outre, selon la Banque mondiale, entre 5 et 10 millions d’hectares de terres agricoles sont perdues chaque année en raison d’une forte dégradation. La FAO et l’OCDE estiment que 500 millions d’hectares de terres agricoles environ peuvent encore être transférés à la culture des champs, ce qui exigerait toutefois d’importants investissements. De plus, le rendement de ces surfaces est inférieur à la moyenne. Durant les quinze prochaines années, le potentiel réalisable est de 100 millions d’hectares, ce qui représente environ 7 % des surfaces cultivées dans le monde. En plus du sol disponible, l’eau est le deuxième facteur limitatif crucial en ce qui concerne la production de matières premières végétales. Aujourd’hui, environ 70 % de l’eau douce utilisée dans le monde sert à l’agriculture. La production durable est avant tout menacée dans les régions où l’on utilise les eaux souterraines pour l’irrigation intensive, les prélèvements dépassant le renouvellement annuel de la nappe. C’est notamment le cas dans le Nord de la Chine, au Pendjab en Inde ou dans des régions du Proche et Moyen-Orient. La pénurie d’eau touche déjà aujourd’hui des régions entières. Conformément aux estimations de l’Institut international de gestion de l’eau, la demande d’eau pour l’alimentation de la population augmentera de 20 à 30 % d’ici 2025 s’il n’y a pas d’amélioration de la productivité de l’eau. S’y ajoute le besoin accru d’eau potable et d’eau pour la production d’énergie (biocarbu-
71 Commission européenne (2010): Initiative «matières premières» — répondre a nos besoins fondamentaux pour assurer la croissance et créer des emplois en Europe, Bruxelles.