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Consultation 2010/14: Rapport du conseil fédéral à l'assemblée fédérale sur la politique de sécurité de la Suisse · 88 pages
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RAPOLSEC: projet, 14 avril 2010 page 16 _____________________________________________________________________________________
ou à la contrainte dans le domaine des moyens économiques. Si elle se voit refuser volontairement et de manière ciblée l’accès aux matières premières ou aux fournisseurs d’énergie mais aussi aux grands marchés de l’importation et de l’exportation ou si leur accès n’est plus garanti pour une période prolongée, même en raison d’événements totalement étrangers à notre pays, l’approvisionnement et avec lui la prospérité économique de la Suisse peuvent en être considérablement affectés.
On pourrait allonger encore la liste des vulnérabilités potentielles, mais prétendre à l’exhaustivité relève presque de l’impossible. Ce serait en fin de compte au détriment de la clarté et pas vraiment souhaitable du point de vue de la politique de sécurité. La raison d’être de la présentation ci-dessus est seulement de montrer les vulnérabilités particulièrement marquées dans la situation actuelle et de donner ainsi, en plus de la représentation traditionnelle des menaces et des dangers, un tableau plus complet des dangers qui peuvent peser sur notre pays. Il faut en outre préciser que, comme pour les menaces et les dangers, tous les points vulnérables ne concernent pas nécessairement la politique de sécurité. Certains d’entre eux dont la probabilité et le potentiel de dommages sont également considérables relèvent de la responsabilité d’autres domaines politiques. On peut citer notamment la vulnérabilité économique, telle qu’elle s’est manifestée lors de la crise bancaire et financière, ou la vulnérabilité de la santé publique avec les pandémies (grippe H1N1, SRAS). Dans de tels cas, la politique de sécurité n’a généralement aucun rôle à jouer, elle ne dispose pas des instruments nécessaires à cet effet. La politique de sécurité doit s’occuper en premier lieu des vulnérabilités qui sont mises à profit pour porter préjudice à la Suisse et dans un but précis ou qui sont dues à d’éventuelles catastrophes naturelles ou anthropiques.
34 Contexte régional et organisations importantes en matière de politique de sécurité
La Suisse jouit d’un climat sécuritaire favorable : ses voisins sont des Etats amis dont elle ne doit craindre aucun recours à la violence militaire – même s’il peut exister des divergences d’intérêts sur certaines questions – et avec lesquels elle collabore étroitement, y compris dans le domaine de la politique de sécurité. Plus largement, elle est entourée d’une ceinture d’Etats démocratiques fortement intégrés sur les plans économique et politique, ceinture qui appelée à croître encore. Cette position en plein cœur de l’une des régions les plus stables du monde est un facteur essentiel pour la sécurité de la Suisse.
Les deux organisations de sécurité les plus importantes d’Europe, l’Union européenne (UE) et l’OTAN, ont considérablement évolué au cours des dix dernières années. Globalement, les changements sont nombreux et vont parfois dans des directions opposées.
Plus de poids mais moins d’unité :
- D’une part, le nombre des Etats membres de l’UE et de l’OTAN s’est fortement
accru. En dix ans, ces deux institutions ont accueilli chacune douze nouveaux Etats. L’UE compte aujourd’hui 27 membres et l’OTAN 28. Un grand nombre de pays qui faisaient autrefois partie du bloc soviétique ont rejoint ces deux organisations, tandis que certains Etats d’Europe orientale et méridionale ainsi que de pays du Sud du Caucase envisagent d’y adhérer ou sont déjà candidats à l’adhésion. Ces élargissements renforcent le poids de l’UE et de l’OTAN.