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Consultation 2010/14: Rapport du conseil fédéral à l'assemblée fédérale sur la politique de sécurité de la Suisse · 88 pages
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RAPOLSEC: projet, 14 avril 2010 page 4 _____________________________________________________________________________________
la paix et de la sécurité au-delà de ses frontières, cela s’inscrit dans les valeurs pour lesquelles elle s’engage depuis longtemps sans compter qu’un tel engagement renforce les intérêts sécuritaires de notre pays.
Le débat sur la politique de sécurité déborde souvent sur d’autres aspects comme la prospérité économique et le bien-être social, l’emploi et l’accès au marché, le libéralisme social, le bon fonctionnement des institutions politiques, l’égalité des chances, l’identité, la cohésion ou la diversité, qui relèvent certes de l’intérêt national mais ne sont pas à proprement parler des intérêts sécuritaires. Il n’appartient par exemple pas à la politique de sécurité de veiller au bon fonctionnement des institutions politiques. Elle doit en revanche empêcher que le fonctionnement des institutions puisse être entravé par des politiques de puissance ou par la criminalité. Elargir la notion d’intérêt sécuritaire à l’ensemble des intérêts nationaux n’est pas souhaitable car ce faisant, la politique de sécurité entrerait en conflit avec d’autres domaines de la politique, en contradiction avec la volonté de mener une politique globale subdivisée en domaines de compétences bien délimités.
3 Situation actuelle
31 Tendances sécuritaires
Le monde d’aujourd’hui n’est pas fondamentalement différent d’il y a dix ans, mais il a tout de même connu des changements. Cela ne l’a pas forcément rendu plus dangereux, mais peut-être plus imprévisible. On observe ainsi plusieurs développements dont l’influence et les effets sur la sécurité dans le monde vont continuer à se faire sentir dans les années à venir. Si les conséquences directes qu’ont certains de ces développements sur la sécurité sont facilement identifiables, d’autres déploient des effets moins visibles ou directs.
La mondialisation, qui se traduit par un phénomène d’interconnexion – géographique, entre des territoires éloignés, mais également matérielle, par exemple entre des domaines autrefois considérés comme distincts – et d’accélération des cycles de toutes sortes, est aussi une réalité qui affecte la politique de sécurité.2 L’intégration internationale et les interdépendances sont toutefois moins développées dans le domaine de la politique de sécurité que dans l’économie. Ici, les structures sont avant tout nationales. Les grandes puissances sont d’ailleurs les plus réticentes à accepter une limitation de leur marge de manœuvre au profit de l’intérêt commun. Cela ne signifie pas que la confrontation est permanente : les puissances rivales ont aussi des intérêts communs et des interdépendances. Leurs relations vont donc continuer d’être caractérisées par la coexistence entre la volonté de coopérer et les rivalités. Une guerre entre Etats économiquement développés, menée d’une façon conventionnelle, paraît improbable dans une perspective prévisible, mais ces Etats demeurent prêts à appliquer une politique de puissance pour faire triompher leurs propres intérêts.
Parmi les développements les plus marquants et les plus importants pour la sécurité internationale, il convient de relever que les rapports de force entre les Etats et les régions
2 La crise financière et économique mondiale a aussi placé des Etats, des économies et des sociétés très développés face aux écueils de la mondialisation. Pour la Suisse, se désolidariser du mouvement de globalisation serait une erreur car cela mettrait en péril la prospérité économique du pays.