Rapport explicatif
Consultation 2016/36: Politique climatique de la Suisse post-2020: accord de Paris sur le climat, accord avec l'Union européenne sur le couplage des deux systèmes d'échange de quotas d'émission, révision totale de la loi sur le CO2 · 72 pages
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Les prescriptions concernant les émissions de CO2 des nouveaux véhicules pourraient induire des coûts d’acquisition plus élevés, si l’importateur de la marque concernée n’atteint pas l’objectif qui lui est assigné et qu’il doit ’fournir des prestations de remplacement. Toutefois, avec la baisse des émissions spécifiques de CO2, ces surcoûts éventuels s’accompagnent d’économies liées à la réduction de la consommation de carburant, qui surpassent les surcoûts à moyen ou long terme. Dans ce contexte, il faut tenir compte du fait que les taux de compensation plus élevés appliqués aux importateurs de carburant devraient provoquer, d’ici 2030, une majoration de prix comprise entre 3 et 20 centimes par litre de carburant (elle est actuellement de 1 à 2 centimes par litre)107. Les autres mesures n’affectent les ménages que de manière restreinte et indirecte. Par exemple, on part de l’idée que même si les compagnies aériennes répercutaient sur leurs clients l’intégralité des coûts liés à leur participation au SEQE, le prix des billets augmenterait de moins d’un pour cent par passager108.
8.3.4 Conséquences pour la Confédération et les cantons
Dans l’ensemble, les mesures proposées et le renforcement des instruments existants ne devraient guère changer le volume du travail d’exécution à la Confédération. Les voies d’exécution déjà disponibles pourront d’ailleurs être maintenues pour la plupart des mesures. Des ressources supplémentaires seront requises, avant même 2020, en raison des prescriptions d’émission concernant les nouveaux tracteurs à sellette légers et voitures de livraison. Le couplage du SEQE suisse avec celui de l’UE, qui implique aussi l’intégration du transport aérien dans le SEQE, induit lui aussi une charge d’exécution supplémentaire avant 2020. Dans le même temps, l’augmentation du volume total de droits d’émission fait également croître les recettes des ventes aux enchères, qui sont versées au budget général de la Confédération. Il faut toutefois s’attendre à ce que ce même budget reçoive moins de recettes issues de l’impôt sur les huiles minérales parce que les prescriptions d’émission applicables aux nouveaux tracteurs à sellette légers, voitures de livraison et voitures de tourisme devraient réduire les ventes de carburants fossiles, tout comme le remplacement de ceux-ci par des biocarburants. Cela concerne également le FORTA, qu’il est prévu de mettre en place, ainsi que le financement spécial pour la circulation routière. Dans ce dernier cas, les cantons seront aussi affectés en cas de recul des recettes.
Combinées avec l’expérience acquise en matière d’exécution, les simplifications proposées en ce qui concerne l’exemption de la taxe (hors SEQE) et l’obligation de compenser pour les importateurs de carburant devraient réduire les ressources nécessaires du côté de la Confédération. Avec la hausse du montant de la taxe, ce gain d’efficience devrait toutefois être contrebalancé par le nombre accru d’entreprises demandant à être exemptées. Dans le cas de l’obligation de compenser, la mise en œuvre des recommandations du Contrôle fédéral des finances engendre aussi du travail supplémentaire, si bien que, malgré les simplifications prévues, les charges administratives sur le plan fédéral devraient rester plus ou moins au même niveau qu’actuellement.
C’est surtout dans le domaine du bâtiment que certaines tâches sont transférées aux cantons. L’exécution de l’interdiction subsidiaire des chauffages à énergie fossile leur serait entièrement déléguée. Cela induirait des frais supplémentaires importants pour eux, qui n’apparaîtraient toutefois qu’en 2029 et uniquement si les cantons n’ont pas déjà introduit des mesures comparables dans leurs lois sur l’énergie. Pour ce qui est du Programme
107 On part de l’idée qu’en 2030, 13 millions de tonnes d’éq.-CO seront générées par les carburants, ce qui correspond à 2 une consommation d’environ 5,2 milliards de litres. Les hypothèses suivantes ont été posées pour la prévision basse de
2 centimes par litre de carburant : taux de compensation en Suisse de 10 % à un prix de 100 francs par tonne d’éq.-CO2 pour des projets supplémentaires et des coûts de réduction nettementt plus bas pour des projets existants qui sont poursuivis ; taux de compensation à l’étranger de 40 % à un prix de 5 francs par tonne d’éq.-CO2. Pour la prévision haute de 12 centimes par litre de carburant en 2030, les hypothèses sont les suivantes : taux de compensation en Suisse de
15 % (les autres instruments sont mis en œuvre comme proposé et déploient l’effet prévu) à un prix de 300 francs par tonne d’éq.-CO2 ; taux de compensation à l’étranger de 60 % à un prix de 35 francs par tonne d’éq.-CO2.
108 Cf. aussi Infras (2011) : Beurteilung von Szenarien zur Integration der Schweizer Zivilluftfahrt in ein System mit Preisen für CO2-Emissionen