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Consultation 2021/36: Rapport sur la politique de la sécurité 2021 · 45 pages

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Rapport sur la politique de sécurité (projet) Page 13 _____________________________________________________________________________________

2.3.1 Menaces en provenance du cyberespace

Différentes raisons justifient les cyberattaques : l’espionnage, le sabotage, la manipulation, la désinformation ou des raisons criminelles. Une pléthore d’acteurs différents commettent ces attaques ; parmi eux, des cybercriminels, des hacktivistes, des entreprises de piratage à but lucratif, des sociétés écrans ou organisations étatiques. Un certain nombre d’États accroissent fortement leurs capacités offensives dans ce domaine, que ce soit individuellement ou en lien avec des groupements non étatiques. Il faut donc s’attendre à une augmentation des cyberattaques de cet ordre, mais dont les auteurs ne sont pas clairement identifiés. La menace dans le cyberespace grandit également en raison de la volonté croissante d’utiliser offensivement les moyens cybernétiques lors de conflits et des scrupules de plus en plus ténus des cybercriminels à accepter d’occasionner des dommages.

Depuis quelques années, on peut observer en Suisse un accroissement des cybercapacités offensives de la Chine, de l’Iran et de la Russie à des fins d’espionnage. La menace que représentent les cyberattaques chinoises et russes pour les cibles économiques et politiques dans notre pays reste élevée. Parmi ces cibles, on compte, entre autres, les autorités, l’armée, les organisations internationales et les représentations étrangères sises à Genève ainsi que les secteurs financier et technologique. Dans le domaine criminel, les attaques à l’aide de rançongiciels (communément appelés ransomwares), lors desquelles les données sont cryptées et ainsi rendues inutilisables, sont de plus en plus fréquentes. De telles attaques peuvent fortement paralyser des entreprises et des systèmes entiers.

L’état de la menace dans le cyberespace est largement influencé par la numérisation de processus opérationnels et de production. Les moteurs sont les nouvelles technologies telles que l’industrie 4.0, la technique du bâtiment numérique ou les infrastructures urbaines en réseau, qui tirent profit de nouvelles possibilités de développement grâce à l’introduction de la nouvelle norme de téléphonie mobile 5G. Cela s’accompagne d’une délégation renforcée de processus jusqu’alors contrôlés par l’homme vers des systèmes de technologies de l’information et de la communication. Les compétences décisionnelles pour les processus ayant en partie des répercussions physiques sont de plus en plus transférées aux systèmes numériques qui prennent en toute indépendance des décisions en matière de pilotage, même au sein des infrastructures critiques. Avec l’enchaînement de ces décisions qui s’appuient les unes sur les autres, des processus décisionnels de plus en plus complexes sont exécutés par des systèmes informatiques autonomes. Ces processus ne sont plus nécessairement contrôlés par le véritable exploitant ; ils peuvent être transférés à des fournisseurs de prestations externes.

Avec la numérisation des processus de production, les solutions logicielles et matérielles nécessaires constituent une composante centrale et critique. Dans les années à venir, les pays d’origine des fabricants continueront à se limiter à certains États, à savoir la Chine et les États-Unis. Ainsi, ces derniers contrôlent la chaîne logistique mondiale des moyens informatiques et possèdent une influence considérable dans les organes internationaux de normalisation tels que l’Union internationale des télécommunications. Suite à des mesures de contrôle des exportations et des sanctions imposées par les États-Unis, deux zones distinctes sont en train de se former. Dans un cas extrême, cela pourrait signifier que la Suisse doive finalement limiter sa la coopération avec l’un ou l’autre de ces deux pays (Chine ou États-Unis) et ses partenaires, avec toutes les dépendances qui en découlent.