Rapport explicatif

Consultation 2023/16: Modification de l’ordonnance du DEFR sur le stockage obligatoire d’aliments et de fourrages · 41 pages

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tefois, les rendements fluctuent, notamment en raison des variations météorologiques. Par ailleurs, la production indigène de sucre repose sur l’importation de l’intégralité des semences.

En cas d’interruption des importations, il manquerait quelque 21 000 tonnes de sucre durant les trois premiers mois pour compenser pleinement la réduction de l’offre (étape A), ce qui correspond à environ 4 % de l’apport calorique global. Durant la phase d’approvisionnement réduit (étape B), en revanche, la production suisse couvrirait 98 % de la consommation (diminuée, elle aussi). Un prélèvement de 4 000 tonnes sur les réserves obligatoires permettrait de combler les 2 % restants des besoins. Ainsi, stocker 25 000 tonnes de sucre suffirait à respecter les nouvelles orientations stratégiques. Concrètement, cela représenterait une réduction d’environ 60 % par rapport aux réserves obligatoires actuelles.

Du point de vue nutritionnel, le sucre est exclusivement une source d’énergie. En cas de pénurie, il pourrait être remplacé par n’importe quelle autre source de calories. À l’inverse, le sucre ne se prête pas à la substitution d’autres denrées alimentaires. Il est cependant particulièrement adapté au stockage, du fait de sa bonne conservabilité et de l’utilisation immédiate qui peut en être faite, ce qui plaide contre une suppression des réserves.

Vu leur concentration calorique élevée, les réserves obligatoires de sucre limitent le besoin de réserves d’autres marchandises et contribuent ainsi à la diversification des stocks. Du fait de ses propriétés spécifiques, le sucre est notamment important pour la conservation d’autres denrées alimentaires.

Conclusion : vu l’évolution incertaine du taux d’autosuffisance alimentaire, la contribution efficace du sucre à la diversification des réserves obligatoires, et la vulnérabilité de la production indigène, il est prévu de continuer à stocker les mêmes quantités qu’à l’heure actuelle, à savoir 55 000 tonnes32.

3.5. Produits laitiers

Avec le beurre, les produits laitiers représentent 19 % de l’apport calorique global33. Sources importantes de protéines et de matières grasses, ils contiennent en outre de précieux nutriments. Le taux d’autosuffisance alimentaire brut de la Suisse pour cette catégorie de denrées se monte à 117 %34. Une interruption des importations des moyens de production (notamment des fourrages concentrés) aurait certes des répercussions négatives, mais le taux d’autosuffisance net, de 97 %, resterait très haut, sachant notamment que la consommation actuelle de ces produits est supérieure aux recommandations35. Malgré une concentration

32 Consommation moyenne entre 2013 et 2017.

33 « Statistiques et évaluations concernant l’agriculture et l’alimentation », Agristat, 2017, moyenne des années 2012 à 2016.

34 « Statistiques et évaluations concernant l’agriculture et l’alimentation », Agristat, 2017, chap. 6.

35 www.blv.admin.ch/blv/fr/home/lebensmittel-und-ernaehrung/ernaehrung/empfehlungen-informationen/schweizer-lebensmittelpyramide.html.