Rapport explicatif

Consultation 2026/45: Révision de la loi fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants (AVS 2030) · 158 pages

Fedlex · Rapport explicatif · Page 16Fedlex · Rapport explicatif

1.4 Évolution économique

Le développement financier de la prévoyance vieillesse ne dépend pas uniquement de la transformation des structures démographiques. En effet, l’évolution de la productivité du travail et du marché de l’emploi joue aussi un grand rôle. Alors que la démographie influe surtout sur les dépenses de la prévoyance vieillesse, les recettes de l’AVS sont principalement tributaires des fluctuations économiques.

En Suisse, la première moitié des années 1990 a été marquée par un faible dévelop- pement de l’économie. Au cours de cette période, la valeur ajoutée globale, mesurée en termes de variation réelle du produit intérieur brut (PIB), s’est même contractée. Vers le milieu de la décennie, une phase de croissance généralement nettement supé- rieure à 1 % par année s’est ensuite amorcée, notamment en raison de l’évolution du secteur financier et, surtout, de la « nouvelle économie ».

À la suite de l’éclatement de la bulle Internet, qui a entraîné une hausse considérable des prix sur le marché informatique, et des attentats du 11 septembre 2001, qui ont affecté le monde entier, l’économie suisse a ralenti, pour afficher des taux de crois- sance quasi nuls en 2002 et 2003. Au cours des années suivantes, le PIB réel a de nouveau nettement augmenté et la croissance, oscillant entre 2,6 % et 4,1 % par an, a été beaucoup plus forte que dans les années 1990 (cf. figure suivante sur l’évolution du PIB). Si cette croissance marquée a surtout été soutenue par le secteur financier, l’industrie manufacturière, fortement axée sur les exportations, a elle aussi pu profiter pendant ces années-là de la relance sur le plan mondial. La crise financière et écono- mique de fin 2008, déclenchée en particulier par des turbulences dans le secteur finan- cier, a ensuite mis un frein à la croissance. En 2009, la performance économique a même diminué de 1,9 % en termes réels par rapport à l’année précédente.

La crise financière et économique mondiale a plongé l’économie de la plupart des pays de l’OCDE dans la récession, principalement en raison de leur forte participation au commerce international et du poids relativement important de l’intermédiation finan- cière dans leur activité économique. En 2010, l’économie suisse s’est redressée et le PIB a progressé de 3,3 %. Cette tendance s’est poursuivie de 2011 à 2014 malgré un contexte international morose du fait de la crise financière de 2008. La croissance s’est cependant essoufflée, restant inférieure à 2 % jusqu’en 2013. En 2014, le PIB a aug- menté de 2,5 %. De 2015 à 2017, l’économie suisse a de nouveau connu une crois- sance modérée, ce qui s’explique par la suppression du cours plancher du franc face à l’euro et par les difficultés du secteur bancaire. En 2018, la croissance du PIB a affi- ché, avec 3,3 %, une valeur qui n’avait plus été atteinte depuis quatre ans. La pandé- mie de COVID-19 a brusquement mis fin à cette phase haussière : en 2020, le PIB a reculé de 2,3 % en Suisse, une situation comparable à la récession pendant la crise financière de 2008/2009. L’économie suisse s’est toutefois rapidement remise sur les rails, probablement grâce à sa structure – notamment caractérisée par une industrie pharmaceutique forte et une faible part du tourisme –, à l’application de mesures sani- taires relativement limitées et au recours à des mesures visant le marché du travail. En 2022, immédiatement après la pandémie, la crise énergétique due à la guerre d’agres- sion déclenchée par la Russie a constitué un nouveau défi. Les années 2023 et 2024