Rapport explicatif
Consultation 2010/123: Modification de l'article 119 de la Constitution et de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée (admission du diagnostic préimplantatoire) · 102 pages
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Anomalies chromosomiques
Les anomalies ou aberrations chromosomiques sont généralement subdivisées en anomalies numériques (1) et en anomalies structurales (2) :
- (1) Les anomalies chromosomiques numériques sont dues à un défaut dans
le nombre soit de chromosomes (aneuploïdie) soit de la séquence chromosomique (polyploïdie). En général, les aberrations chromosomiques ne sont pas héréditaires, mais elles surviennent spontanément au cours de la maturation des gamètes.
Les aneuploïdies sont subdivisées notamment en monosomies et trisomies selon que certains chromosomes sont présents à un exemplaire (monosomie) ou en trois (trisomie). Toutes les monosomies autosomiques et la plupart des trisomies, à l’exception des trisomies 13 (syndrome de Pätau), 18 (syndrome d’Edward) et 21 (syndrome de Down), conduisent à la mort de l’embryon, resp. du fœtus. C’est pourquoi, on estime que les aneuploïdies sont souvent la cause d’avortements spontanés à répétition ou de la stérilité (cf. ch. 1.2.4.2).37 En règle générale, la fréquence des aneuploïdies, comme par exemple la trisomie 21, est en corrélation avec l’âge de la mère. Ainsi, la probabilité qu’une femme de 25 ans mette au monde un enfant atteint d’une trisomie 21 est de moins de 0.1 %, alors qu’elle est d’1 % à l’âge de 40 ans.
Les polyploïdies sont subdivisées en triploïdies (multiplication par trois de la séquence chromosomique haploïde) et en tétraploïdies (multiplication par quatre de la séquence chromosomique haploïde), en fonction du nombre de séquences chromosomiques. Toutes conduisent à la mort de l’embryon, resp. du fœtus.
- (2) Par anomalies chromosomiques structurales, on entend la modification
de la « construction » à l’intérieur d’un chromosome ou entre plusieurs chromosomes. On distingue les anomalies chromosomiques structurales équilibrées des anomalies chromosomiques structurales non équilibrées. Pour une anomalie chromosomique structurale équilibrée, le matériel génétique est réparti autrement, mais il n’est ni augmenté ni diminué. De ce fait, la plupart des anomalies équilibrées n’entraînent aucune conséquence pour le porteur lui-même. Par contre, dans les anomalies chromosomiques structurales non équilibrées, certaines parties des séquences chromosomiques sont doublées ou inexistantes, ce qui conduit, la plupart du temps, à des malformations ou des anomalies graves. Les anomalies chromosomiques structurales se développent spontanément ou sont héréditaires. Pour les descendants d’un parent porteur d’une anomalie chromosomique équilibrée, le risque d'être porteurs d’une anomalie chromosomique structurale non équilibrée et de tomber malade est de 10- 50 %, en fonction de la nature de l’anomalie.
37 S. Munné et al., Preimplantation genetic diagnosis significantly reduces pregnancy loss in infertile couples: a multi-center study, in: Fertility and Sterility, 2006, 85, p. 326-332.