Rapport explicatif
Consultation 2010/123: Modification de l'article 119 de la Constitution et de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée (admission du diagnostic préimplantatoire) · 102 pages
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1.2.3.5 Transfert d’embryons et cryoconservation
En fonction de l’âge de la femme concernée et d’autres facteurs, un ou plusieurs embryons sélectionnés sont en général transférés par cycle. Le transfert d’embryon est effectué en règle générale le quatrième ou le cinquième jour après la fécondation. La nidation avec succès dans l’utérus de la mère d’un embryon ayant subi une biopsie se produit avec une probabilité d’environ 15 % (cf. annexe 2 tableau 1).
De plus en plus, afin d’éviter les grossesses multiples à risque, la tendance à ne développer qu’un seul embryon par cycle se répand actuellement.26 Habituellement appelée transfert électif d'un seul embryon (en anglais : eSET pour « elective single embryo transfer »), ce procédé est notamment appliqué en Scandinavie. Lors d’un eSET, les embryons font l’objet, au cours des différentes phases de leur développement, d’une évaluation morphologique au moyen d’un microscope optique concernant leur développement régulier et dans les temps. Il s’agit d’identifier et de transférer l’embryon qui, selon les prévisions, présente le plus grand potentiel de développement. Jusqu’ici, la pratique a mis en évidence que l’eSET permettait de réduire sensiblement le nombre de grossesses multiples, sans pour autant avoir une influence considérable sur les taux de réussite des FIV.27
Les embryons restants ayant fait l’objet d’une biopsie et ne présentant pas de défauts génétiques sont généralement cryoconservés pour un éventuel transfert ultérieur.28 On distingue deux techniques de cryoconservation :
- la congélation lente est une opération de routine depuis le milieu des années 1980. Il s’agit toujours de la méthode standard. Cette technique consiste à refroidir progressivement les embryons à -30°C et à les conserver ensuite dans de l’azote liquide à -196°C. On utilise des agents cryoprotecteurs pour éviter que des cristaux de glace nocifs ne se forment à l’intérieur des cellules.
- Lors de la vitrification – un procédé introduit à la fin des années 1990 – les embryons sont immédiatement plongés dans de l’azote liquide. Ils se transforment ainsi en une matière amorphe, évoquant l’aspect du verre (vitrifiée) et ce, sans formation de cristaux de glace.29
Il est actuellement impossible de donner une réponse exhaustive à la question de savoir quelle technique de conservation endommage le moins les embryons. Selon des rapports récents, la manière dont les embryons sont cryoconservés n’a aucune influence sur les taux de grossesse.30 En outre, la durée de conservation ne semble
26 Cf. à ce sujet P. O. Karlström, C. Bergh, Reducing the number of embryos transferred in Sweden – impact on delivery and multiple birth rates, in: Human Reproduction, 2007, 22, p. 2202-2207.
27 P. Fehr et al., Effekt unterschiedlicher Strategien beim Embryotransfer auf die Ergebnisse der assistierten Reproduktion, in: Therapeutische Umschau, 2009, 66, p. 825-829.
28 L. L. Veeck Gosden et al., The human embryo: slow freezing, in: D. K. Gardner, A. Weissmann, C. M. Howles, Z. Shoham (éd.), Textbook of Assisted Reproductive Techniques, Londres 2009, p. 275-287.
29 Z. P. Nagy et al., The human embryo: vitrification, in: D. K. Gardner, A. Weissmann, C. M. Howles, Z. Shoham (éd.), Textbook of Assisted Reproductive Techniques, Londres 2009, p. 289-304.
30 E. M. Kolibianakis et al., Cryoconservation of human embryos by vitrification or slow freezing : which one is better ?, in: Current Opinion in Obstetrics and Gynecology, 2009, 21, p. 270-274.