Rapport explicatif
Consultation 2010/123: Modification de l'article 119 de la Constitution et de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée (admission du diagnostic préimplantatoire) · 102 pages
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1.2.4.2 DPI pour les couples stériles ou pour les couples fertiles d’un certain âge (PGS)
Depuis près de 15 ans, le DPI est appliqué de plus en plus souvent chez des couples stériles d’un certain âge qui ont déjà subi entre autres plusieurs avortements spontanés ou plusieurs cycles-FIV infructueux. L’objectif déclaré est d’écarter les embryons présentant des anomalies chromosomiques numériques qui sont considérées comme étant la cause de ces problèmes, afin d’améliorer le taux de réussite de la FIV.38 Actuellement, le dépistage des aneuploïdies constitue l’indication la plus fréquente pour un DPI.39 Récemment, les indices ont semblé toutefois converger vers une constatation : le dépistage des aneuploïdies effectué dans le but d’écarter les embryons porteurs d’une anomalie chromosomique n’augmente pas le taux de réussite de la FIV, mais contribue plutôt à sa diminution.40 Depuis peu, des sociétés spécialisées renommées renoncent à effectuer un dépistage des aneuploïdies.41 Quant aux raisons pour lesquelles le dépistage des aneuploïdies ne contribue pas au succès espéré, seules les spéculations sont possibles. Outre les difficultés techniques, le mosaïcisme pourrait jouer un rôle fondamental à cet égard (voir ch. 1.2.5).42 En outre, des critiques sont formulées quant au fait que l’analyse de l’information héréditaire de chaque cellule ne permet pas de faire des déductions sur la capacité de l’embryon à se développer.43
Le DPI est souvent proposé à des femmes fertiles de plus de 35 ans. Pour cette catégorie de personnes, le risque de mettre au monde un enfant avec une anomalie chromosomique comme par exemple la trisomie 21, est plus élevé du fait de leur âge.44 Le DPI doit permettre de trier les embryons qui présentent une séquence chromosomique anormale.
38Cf. à ce sujet S. Munné, Preimplantation genetic diagnosis for infertility (PGS), in: D. K.
Gardner, A. Weissmann, C. M. Howles, Z. Shoham (éd.), Textbook of Assisted
Reproductive Techniques, Londres 2009, p. 403 ss.
39Cf. à ce sujet V. Goossens et al., ESHRE PGD Consortium data collection IX: cycles
from January to December 2006 with pregnancy follow-up to October 2007, in: Human Reproduction, 2009, 24, p. 1786 ss.
40S. Mastenbroeck et al., In Vitro Fertilization with Preimplantation Genetic Screening, in:
The New England Journal of Medicine, 2007, 357, p. 9-17; L. K. Shahine et al.,
Preimplantation genetic diagnosis does not increase pregnancy rates in patients at risk for aneuploidy, in: Fertility and Sterility, 2006, 85, p 51-56; W. B. Schoolkraft et al.,
Preimplantation aneuploidy testing for infertile patients of advanced maternal age: a randomized prospective trial, in: Fertility and Sterility, 2009, 92, p. 157-162.
41Cf. à ce sujet J. Harper et al., What next for preimplantation genetic screening (PGS)? A
position statement from ESHRE PDG Consortium steering committee, in: Human
Reproduction, 2010, 25, p. 821-823; ACOG (American College of Obstetricians and Gynecologists) Committee Opinion, Preimplantation Genetic Screening for Aneuploidy, in: Obstetrics & Gynecology, 2009, 430, p. 766-767.
42J. Harper et al., What next for preimplantation genetic screening (PGS)? A position
statement from ESHRE PDG Consortium steering committee, in: Human Reproduction, 2010, 25, p. 821-823.
43R. Hernandez, What next for preimplantation genetic screening? Beyond aneuploidy, in:
Human Reproduction, 2009, 24, p. 1538 ss; E. Vanneste et al., What next for
preimplantation genetic screening? High mitotic chromosome instability rate provides the biological basis for the low success rate, in: Human Reproduction, 2009, 24, p. 2679- 2682.
44B. C. Heng, Advanced maternal age as an indication for preimplantation genetic diagnosis
(PGD) – the need for more judicious application in clinically assisted reproduction, in: Prenatal Diagnosis, 2006, 26, p. 1051-1053.