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Consultation 2015/79: Rapport du Conseil fédéral sur la politique de sécurité de la Suisse · 94 pages
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été accomplis dans le domaine de la reconnaissance et de la capacité à combattre des cibles dans l’immédiat et avec précision.
Dans le même temps, une réduction quantitative des forces armées a été entamée, et se prolonge jusqu’à maintenant. Celle-ci concerne aussi bien les effectifs que le matériel. La plupart des Etats de l’OTAN ont supprimé l’obligation générale de servir dans l’armée et disposent désormais d’armées professionnelles aux effectifs beaucoup plus réduits. Cette transformation se fait principalement aux dépens des formations mécanisées lourdes et a ainsi diminué considérablement les capacités de défense de l’OTAN contre une attaque conventionnelle en Europe. L’intégration de nouveaux membres n’a pas permis de compenser ce recul, en particulier parce que ceux-ci disposent de forces armées largement obsolètes ou peu performantes, ou parce qu’ils ne possèdent tout simplement pas de réelles forces armées. De façon générale, l’OTAN, de par la réorientation décidée au terme de la guerre froide, a réduit sa capacité de défense l’Europe.
Sous l’effet du conflit actuel en Ukraine, du réarmement de la Russie et des ambitions de Moscou en Europe, la pression en vue d’un renforcement de la capacité de défense augmente en Occident également. Dans tous les cas, l’engagement militaire des Etats-Unis en Europe demeurera crucial pour la capacité de défense de l’Alliance à l’avenir. Celui-ci ne devrait pas être fondamentalement remis en question.
En Europe du Nord, les Etats neutres se sentent, eux aussi, de plus en plus menacés par la Russie. La Finlande et la Suède devraient, par conséquent, renforcer à nouveau leur capacité de défense au cours de ces prochaines années. Une possible adhésion à l’OTAN est certes en discussion dans les deux pays, mais elle n’est pas imminente.
Probabilité d’un conflit majeur en Europe
Pour qu’il y ait menace, deux composantes doivent être réunies : l’intention de commettre une attaque, et la capacité de le faire. Or, les intentions évoluent rapidement ; cela vaut en particulier pour les régimes autocratiques, dans lesquels les décisions peuvent être prises dans le cadre d’un cercle restreint de personnes. La mise en place de capacités demande, par contre, plus de temps. Une fois ces capacités réunies, et dans la mesure où les intentions de passer à l’attaque sont concevables, voire patentes, le temps de préalerte devient très court.
Une situation similaire a prévalu pendant la guerre froide. Elle s’est, par la suite, détendue et les capacités de mener à bien des opérations militaires majeures en Europe ont diminué. Les temps de préalerte avant un conflit militaire majeur sur le vieux continent s’en sont trouvés prolongés. Cette époque est désormais révolue. En ce qui concerne les capacités, la modernisation des forces armées russes est en cours depuis quelques années déjà et leur puissance a été revue à la hausse. Pour pouvoir être militairement à la hauteur de l’OTAN à tous les niveaux, et pas uniquement dans certains domaines militaires tels que les forces d’intervention spéciales, la Russie aura toutefois encore besoin de quelques années, à condition que les Etats occidentaux ne réduisent pas davantage leurs capacités militaires. Toutefois, la situation a encore plus évolué en ce qui concerne les intentions : l’annexion de la Crimée et le conflit armé en Ukraine ont conduit à une aggravation rapide et marquée des tensions entre la Russie et l’Occident. Il faut encore s’attendre à ce que, de part et d’autre, des efforts soient déployés afin d’éviter un conflit armé entre la Russie et l’OTAN, mais le risque qu’un tel conflit éclate a augmenté.
Au vu de la situation tendue et des risques existants, la Suisse doit suivre avec attention et en continu les développements en Europe dans le domaine militaire et en politique de sécurité, tout en préservant et développant les capacités essentielles à sa défense, même si la possibilité qu’un conflit armé de grande ampleur éclate en Europe et que la Suisse y soit impliquée militairement est faible. Le développement de l’armée reflète l’évolution de la situation en Europe. Globalement parlant, on peut affirmer qu’il est peu probable que la Suisse soit directement menacée par