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Consultation 2015/79: Rapport du Conseil fédéral sur la politique de sécurité de la Suisse · 94 pages

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d’engagement. Les efforts combinés de nombreux pays, en revanche, peuvent avoir de grands effets, à la condition toutefois que les Etats, dont la Suisse, y contribuent.

Différentes tendances sont à relever en ce qui concerne la promotion militaire de la paix. Le nombre de parties impliquées dans un conflit a augmenté ; souvent, il ne s’agit plus de parties belligérantes structurées, mais uniquement de groupuscules armés. La frontière entre criminalité et terrorisme est devenue plus floue. Les forces de paix encourent un risque accru. En général, elles doivent à présent être armées pour assurer leur propre protection et pour pouvoir remplir leur mission.32 La sécurité et, partant, la question du port d’arme, gagnent en importance lorsqu’il faut évaluer si un engagement spécifique entre ou non en ligne de compte pour la Suisse. Les observateurs militaires de l’ONU et de l’OSCE font figure d’exception car ils ne sont pas armés pendant leur engagement.

Alors que le besoin en unités d’infanterie est largement couvert, il n’en sera bientôt plus du tout de même pour les contributions de haut niveau, comme les capacités de transport aérien, les drones de reconnaissance, les moyens de conduite et les capacités de renseignement. Parmi les contributions recherchées figurent également les prestations en lien avec la logistique, le transport, les services sanitaires, le génie et les contributions spéciales, notamment les capacités de déminage et d’élimination des munitions non explosées, le soutien à la réforme du secteur de la sécurité et aux programmes de désarmement, ainsi que celles destinées au développement de capacités au sein des forces régionales de promotion de la paix. De même, la demande ira croissante pour un appui dans le domaine de l’élimination et de l’entreposage sûr d’armes et de munitions.

L’armée suisse possède des atouts pour la promotion militaire de la paix : du fait de sa neutralité, elle est bien acceptée dans les régions en proie à des crises ou des conflits ; le système de milice facilite les contacts avec la population civile et la connaissance de la langue française est particulièrement demandée. L’objectif du Conseil fédéral demeure une augmentation qualitative et quantitative de la promotion militaire de la paix, en mettant l’accent sur l’engagement de ressources de haut niveau. Il souhaite qu’à l’avenir également, jusqu’à 500 militaires puissent être engagés simultanément. Les besoins concrets de chaque opération de maintien de la paix, ainsi que les capacités disponibles de l’armée, sont déterminants. Au premier plan figurent les prestations de logistique et de transport, ainsi que les petits détachements et les prestations de niche. En font partie le renseignement, le conseil en matière de sécurité, les prestations du génie, le déminage et le soutien à la sécurité de l’entreposage et à l’élimination des armes de petit calibre et des munitions, le soutien à la réforme du secteur de la sécurité et aux programmes de désarmement, ainsi que développement des capacités au sein des forces régionales de promotion de la paix. Le gros des prestations de l’armée pourrait, à l’avenir, encore être fourni par du personnel de milice ; pour les prestations en lien avec le transport aérien, par contre, il s’agira de recourir à du personnel professionnel, tant civil que militaire, des Forces aériennes. L’équipement actuel de l’armée permet des engagements taillés pour un contingent sous nos climats ou dans les régions climatiques proche de la nôtre tandis que de petits détachements et des spécialistes peuvent être engagés dans le monde entier.

3.3 Lien avec les menaces et les dangers

Pour contrer efficacement les menaces et les dangers, il faut généralement combiner indépendance, coopération et engagement. Selon la menace et le danger, l’accent peut être mis plutôt sur l’un que sur un autre de ces aspects.

32 Cf. également le chap. 2.3.5.