Rapport explicatif
Consultation 2018/48: Stabilisation de l'AVS (AVS21) · 112 pages
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entreront dans la vie active. Les répercussions sur les prestations se font généralement sentir encore beaucoup plus tard. Les effets d’une modification de la mortalité ne sont pas non plus immédiats, mais se manifestent de manière assez prononcée au bout d’un certain temps, surtout lorsque l’espérance de vie des personnes ayant atteint l’âge de la retraite augmente. Une plus grande immigration, en revanche, aura des effets à court terme sur la situation financière de l’AVS, notamment si les personnes immigrées exercent une activité lucrative en Suisse et sont de ce fait immédiatement soumis à l’obligation de cotiser. L’effet sur les prestations est toutefois plus lent, les étrangers devant d’abord constituer leur droit à des prestations. En résumé, le solde migratoire, positif depuis 2000, a permis à la population de personnes actives en Suisse de croître de manière constante et d’alimenter financièrement l’AVS7. Néanmoins, la faiblesse de la natalité et l’augmentation de l’espérance de vie représenteront un défi de taille pour l’AVS.
1.5.2 Évolution économique
L’évolution des finances de la prévoyance vieillesse ne dépend pas uniquement du changement de la structure démographique. L’évolution de la productivité et celle du marché de l’emploi exercent une influence tout aussi importante sur l’équilibre financier de l’AVS. Alors que la démographie détermine surtout les dépenses de la prévoyance vieillesse, les recettes de l’AVS sont influencées en premier lieu par l’évolution de l’économie.
Les années 1990 en Suisse se caractérisent schématiquement par un faible développement économique. La première moitié de la décennie a été caractérisée par une diminution globale de la valeur ajoutée, en termes de variation réelle du produit intérieur brut (PIB), la seconde moitié par une croissance sensiblement supérieure à 1 % par année. La période de croissance durant la seconde moitié a été induite, en particulier, par l’évolution du secteur financier, mais surtout par ce que l’on appelle la « nouvelle économie ».
Suite à l’éclatement de la bulle Internet, qui a augmenté de manière excessive le niveau de prix des échanges sur le marché informatique, et suite aux conséquences, à l’échelle mondiale, des attentats du 11 septembre 2001, la performance économique de la Suisse a perdu de son élan et a connu à nouveau, en 2003, un taux de croissance négatif. Mais, dès les années suivantes, une augmentation significative du PIB réel a été enregistrée et la croissance, évoluant entre 2,8 % et 4,1 % par an, s’est avérée beaucoup plus forte que dans les années 1990 (cf. Graphique 1-2 sur l’évolution du PIB). Cette croissance marquante a été suscitée en particulier par le secteur financier, tandis que l’industrie manufacturière, très orientée vers l’exportation, a pu bénéficier, durant ces années, d’un essor sur le plan mondial. La crise financière et économique de fin 2008, provoquée notamment par des turbulences dans le secteur financier, a fait chuter la croissance en dessous de la barre des 2 %. En 2009, une diminution de la production économique de 2,2 % en termes réels par rapport à l’année précédente a même été observée.
7 « Actualisation des bases de calculs pour les calculs prospectifs de l’AVS ». Rapport du Conseil fédéral du 28 janvier 2009 en réponse au postulat 07.3396 Schelbert Louis.