Rapport explicatif

Consultation 2018/48: Stabilisation de l'AVS (AVS21) · 112 pages

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par rapport à la population plus jeune. Combiné avec le recul de la natalité, il produit une modification de la structure de la population, laquelle déploie ses effets sur le 1er pilier depuis plusieurs années. Si leur impact est resté discret jusqu’à présent, d’autres paramètres démographiques, institutionnels et économiques limités dans le temps les ayant neutralisés, ces effets remettront en cause l’équilibre financier de l’AVS ces prochaines années. Étant donné que le vieillissement démographique va se poursuivre et que les générations à forte natalité (le siècle dernier, deux pics de natalité ont été observés, le premier en 1946 et le second entre 1955 et 1970) atteignent l’âge de la retraite, ces effets seront de plus en plus marqués au fur et à mesure que le vieillissement s’accentuera.

Augmentation de l’espérance de vie

En 1966, l’espérance de vie à la naissance était de 75,3 ans pour les femmes et de 69,6 ans pour les hommes. Cinquante ans plus tard, la valeur de cet indicateur a passé à 85,3 ans pour les femmes et à 81,5 ans pour les hommes, soit une augmentation de l’espérance de vie de 10 ans pour les femmes et de 12 ans pour les hommes. Cette hausse de l’espérance de vie est certes due en partie à la baisse de la mortalité à la naissance. Mais la plus grande partie de l’augmentation est due à la baisse constante de la mortalité des personnes âgées. Ainsi, l’espérance de vie à 65 ans d’une femme est passée en une cinquantaine d’années de 15,6 à 22,6 ans, alors que celle d’un homme est passée de 13,0 à 19,8 ans.

Diminution de la natalité

La forte fécondité caractérisant la période de la guerre et de l’après-guerre (de 1939 à 1964), de 2,38 enfants par femme en moyenne, a assuré un remplacement des générations jusqu’à la fin des années 60. À partir de 1964, cette tendance s’est inversée. Le taux de natalité oscille depuis 1976 autour de 1,5 enfant par femme alors que le seuil de remplacement des générations est de 2,09 enfants. Cette valeur, inférieure au taux de renouvellement de la population, n’exerce pas encore un effet direct sur le régime de la prévoyance vieillesse, la diminution du nombre de jeunes entrant dans la vie active ayant été contrebalancée jusqu’à maintenant par l’arrivée quasi constante de personnes immigrées. Celles-ci étant rapidement intégrées dans le marché du travail, elles ont immédiatement contribué au système de financement par répartition. Cette tendance va toutefois s’inverser dès le moment où ces personnes, actuellement en âge de travailler, arriveront à la retraite.

Modification de la structure des âges de la population

C’est durant les cinquante dernières années que la croissance de la population en Suisse a été la plus forte : outre les nombreuses naissances issues des vagues à forte natalité, entre 1942 et 1973, la croissance démographique a été soutenue par un afflux de main-d’œuvre étrangère. La population résidante en Suisse s’est accrue de plus de 40 % en 50 ans et vient de passer le cap des 8 millions d’habitants. Cette croissance est due pour moitié à la population suisse et pour moitié à la population étrangère. Cependant, le solde migratoire est en recul depuis quelques années.

Le solde migratoire et l’effectif de la population étrangère influent non seulement sur la croissance démographique, mais aussi sur la structure des âges. Celle-ci s’est profondément modifiée au cours des dernières décennies. En 1970, les personnes de 65 ans et plus représentaient 11,5 % de la population. Cette proportion est passée en 2016 à 18,1 % de la population. Inversement, le pourcentage des moins de 20 ans a