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Consultation 2021/36: Rapport sur la politique de la sécurité 2021 · 45 pages

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Rapport sur la politique de sécurité (projet) Page 15 _____________________________________________________________________________________

Il faut toutefois s’attendre à ce que d’autres États seront aussi en mesure et auront la volonté de mener de telles activités en Suisse et contre elle.

2.3.3 Terrorisme

En Suisse, des personnes ou des cellules liées au prétendu État islamique ont été détectées, et pour certaines condamnées, pour leur implication dans des planifications d’attentats depuis notre territoire. Les investigations des autorités suisses ont montré que des voyageurs suisses à motivation djihadiste auraient suggéré des attentats contre des infrastructures situées sur le territoire suisse, voire participé à leur planification. D’autre part, la propagande des groupes djihadistes peut inspirer des personnes à passer à l’action violente en Suisse.

Comme l’ont montré les attaques de Morges (12.09.2020) et de Lugano (24.11.2020), la menace terroriste la plus probable en Suisse vient d’acteurs dont l’orientation violente s’enracinent autant dans des crises personnelles et psychiques que dans une conviction idéologique. Les personnes radicalisées les plus susceptibles de commettre des attaques sont inspirées par la propagande djihadiste sans avoir forcément de contact direct avec un groupe ou une organisation de cette mouvance. Ces attaques restent un défi sécuritaire.

Le spectre des attaques possibles va de simples attaques perpétrées par des individus ou de petits groupes isolés jusqu’à des opérations logistiques complexes (comme l’utilisation d’agents de combat chimiques, drones). Les attentats perpétrés par des auteurs isolés ou des petits groupes inspirés par le djihadisme et qui ne nécessitent que peu de moyens logistiques ne sont pas tributaires des capacités dudit État islamique ou d’Al-Qaïda. En règle générale, ces auteurs isolés ou ces petits groupes agissent spontanément, sans directives ni soutien financier extérieurs. Même les attaques complexes de plus grande envergure au moyen d’explosifs, de produits chimiques simples tels que des gaz toxiques (comme le chlore) ou d’autres substances toxiques (comme la ricine) ne nécessitent que peu de moyens et de ressources.

La menace terroriste à motivation djihadiste persistera pour notre pays. L’idéologie ayant mobilisé de jeunes Européens à se rendre en Syrie est toujours vivace, et ce malgré la destruction du califat autoproclamé de l’organisation État islamique. De plus, les conflits ayant causé l’émergence de factions djihadistes ne vont vraisemblablement pas trouver d’épilogue prochainement. La menace de ces acteurs va donc marquer durablement les prochaines années. Les voyageurs djihadistes restent une menace pour la sécurité intérieure et extérieure de la Suisse. Leur éventuel retour représente un défi pour les autorités sur tous les fronts (questions juridiques, d’intégration et de sécurité).

La Suisse devrait continuer à être une cible secondaire des attentats djihadistes, sauf si certaines de ses décisions politiques étaient perçues comme étant hostiles aux musulmans ou à l’islam. Toutefois, les organisations internationales et les intérêts de pays étrangers, jouant un rôle prépondérant dans la lutte contre le terrorisme sur la scène internationale, pourraient être la cible d’attaques sur son territoire.

Les intérêts suisses à l’étranger pourront toujours être la cible des actions opportunistes ou erratiques de groupes djihadistes, par exemple en Afrique du Nord ou au Sahel. La menace djihadiste continuera probablement à s’y étendre et pourra même toucher des pays jusqu’ici épargnés, comme les pays du Golfe de Guinée. De même, au Proche et au Moyen-Orient, les groupes djihadistes continueront de représenter une menace pour de