Rapport explicatif
Consultation 2022/96: Train d’ordonnances agricoles 2023 · 293 pages
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Ordonnance sur l‘élevage
ii. par sélection par lignées ou insémination artificielle avec du sperme de faux bourdons de plusieurs reines de ruches à mâles, elles-mêmes issues d’une seule mère (la mère des reines de ruches à mâles est connue, mais pas le père de la reine) ;
iii. par génotypage de la reine et de toutes les reines de ruches à mâles ou mères de reines de ruches à mâles entrant en ligne de compte (une ou deux générations de l’arbre généalogique paternel peuvent être déduites).
Normalement, lorsque des individus tant mâles que femelles sont diploïdes, leurs descendants auront un parent femelle et un parent mâle, c.-à-d. une mère et un père. Chez l’abeille toutefois, les cellules germinales mâles (« spermatozoïdes volants ») sont des individus distincts. Dans la représentation habituelle d’un arbre généalogique, ce ne sont pas les cellules germinales qui sont représentées, mais les individus qui les portent. Autrement dit, en élevage, on représente les individus diploïdes apparentés dans l’arbre généalogique. Afin de respecter cette convention dans l’ordonnance sur l’élevage, on représente non pas les faux- bourdons, mais la reine des ruches à mâles dont proviennent les faux bourdons (« spermatozoïdes volants »). Il s’ensuit qu’un pedigree d’abeilles se compose exclusivement de femelles apparentées, soit des reines de ruches à mâles comme « pères virtuels » et des reines comme mères. Compte tenu de ces particularités, certaines dispositions doivent être adaptées dans leur formulation pour l’espèce « abeilles mellifères ».
Pour avoir droit aux contributions de préservation, une reine ou une reine de ruche à mâles doit être inscrite au herd-book d’une organisation d’élevage reconnue, dans lequel sa mère est déjà inscrite (al. 1, let. a et b). L’alinéa 1, lettre c, règle les conditions relatives à la partie paternelle du pedigree pour le droit aux contributions pour la reine ou la reine de ruche à mâles. Les let. (i) à (iii) ci-dessus montrent comment l’alinéa 1, lettre c peut être atteint dans la pratique. Si la première génération d’ascendants de la reine est connue, le point (i) est rempli. De plus, on sait alors avec certitude qu’une seule reine de ruche à mâles est le « père virtuel ». Si celle-ci n’est pas connue, il faut distinguer les cas suivants :
• Une reine de ruche à mâles inconnue est le « père » de la reine. Si la fécondation ou l’insémination a été effectuée conformément au point (ii) ci-dessus, la mère de la reine de ruche à mâles est connue.
• Plusieurs reines de ruches à mâles inconnues sont les « pères » de la reine. Si la fécondation ou l’insémination a été effectuée conformément au point (ii) ci-dessus, la mère commune des reines de ruches à mâles est connue.
La lettre (iii) est applicable de manière générale pour établir l’ascendance de manière récursive et aussi complète que voulu. Il ressort des points (i) à (iii) que, conformément à l’al. 1, let. a à c incluse, les sélections sur l’ensemble du cheptel sans génotypages correspondants ne donnent pas droit à des contributions de préservation.
Par analogie avec les autres espèces, la reine doit présenter un pourcentage de sang minimal de 87,5 % pour être considérée comme de race pure selon la directive de l’ICAR sur les organisations d’élevage (al. 1, let. d). La pureté de la race doit être établie par une analyse ADN selon une méthode scientifique reconnue au niveau international, basée sur la technique d’analyse de polymorphisme nucléotidiques (SNP « single nucleotide polymorphisms » en anglais), ou sur le certificat d’origine de la reine.
Concernant l’espèce « abeilles mellifères », par analogie avec les espèces bovine, ovine et caprine, le degré de consanguinité de la descendance vivante ne doit pas dépasser 6,25 % (al. 2). Pour le calcul de la consanguinité, il faut prendre en compte, par analogie aux autres espèces donnant droit à des contributions, au moins trois générations, sachant que pour l’espèce « abeilles mellifères », l’arbre généalogique doit comporter, du côté paternel, la mère de la reine de ruche à mâles correspondante (insémination artificielle) ou des reines de ruche à mâles (sélection par lignées). Comme nous l’avons déjà mentionné, cela exclut la sélection sur l’ensemble du cheptel dans le cadre des contributions de conservation, sans analyse ADN correspondante pour vérifier la pureté de la race.