Rapport explicatif
Consultation 2025/47: Paquet «stabilisation et développement des relations Suisse-UE» · 894 pages
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situation juridique dans l’UE et en Suisse, le Tribunal fédéral ne s’écarte de l’interprétation des règles de l’UE pertinentes pour l’ALCP donnée par la CJUE après la date de signature qu’en présence de motifs « sérieux »225.
Vu la portée majeure de la libre circulation des personnes sur les plans économique et politique, l’UE exige que la Suisse reprenne la directive 2004/38/CE afin de mettre un terme à la disparité croissante entre les dispositions en vigueur en Suisse et celles appliquées dans l’UE. Cette exigence n’est pas nouvelle et avait déjà été formulée dans le cadre des négociations relatives au projet d’accord-cadre institutionnel auxquelles le Conseil fédéral avait mis en fin en 2021 (cf. ch. 2.1.2.2). Un consensus dans le cadre du paquet Suisse-UE n’était donc pas envisageable sans une solution négociée dans le domaine de la libre circulation des personnes.
Protection des salaires
L’ALCP règle la prestation de services transfrontalière, qui est par principe limitée à 90 jours de travail par année civile226. L’annexe I de l’ALCP, dans sa version de 1999, se réfère à la directive européenne 96/71/CE227 (directive sur le détachement de travailleurs). Celle-ci fixe certaines exigences minimales en matière de conditions de travail et d’emploi pour les travailleurs détachés. La Suisse avait mis en œuvre cette directive dans le cadre de la LDét de 1999. La LDét fait partie des mesures d’accompagnement mises en place afin de protéger les conditions suisses de salaire et de travail.
Le droit de l’UE sur le détachement de travailleurs a continué à évoluer depuis la conclusion de l’ALCP en 1999. En 2014, la directive 2014/67/UE228 (directive d’exécution) a été édictée dans le but d’améliorer l’application pratique des prescriptions relatives au détachement, de lutter contre leur contournement et de garantir un meilleur échange d’informations entre les États membres. En 2018, la directive relative au détachement de travailleurs a été modifiée par la directive (EU) 2018/957229. Les travailleurs détachés sont soumis depuis lors aux mêmes prescriptions que les travailleurs indigènes en matière de rémunération et de conditions de travail. Selon la règlementation en vigueur jusqu’à présent, les travailleurs détachés n’avaient droit qu’aux normes minimales en vigueur dans le pays d’accueil, comme le salaire minimum. Ils ont à présent droit à toutes les composantes du salaire applicables dans le pays d’accueil, comme les indemnités pour le travail de nuit et les jours fériés. L’objectif est
225 ATF 139 II 393 consid. 4.1.1.
226 L’ALCP garantit, dans les domaines où il existe un accord entre la Suisse et l’UE portant sur les services (p. ex. celui des marchés publics), le droit d’entrée et de séjour pour la durée de la prestation de services.
227 Directive 96/71/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 1996 concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d'une prestation de services, JO L 18 du 21.1.1997, p. 1–6 (dans la version en vigueur au moment de la signature de l’accord).
228 Directive 2014/67/UE du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 relative à l'exé- cution de la directive 96/71/CE concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d'une prestation de services et modifiant le règlement (UE) n ° 1024/2012 concernant la coopération administrative par l'intermédiaire du système d'information du marché inté- rieur (« règlement IMI »), JO L 159 du 28/05/2014, p. 11–31.
229 Directive (UE) 2018/957 du Parlement européen et du Conseil du 28 juin 2018 modifiant la directive 96/71/CE concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services, JO L 173 du 9.7.2018, p. 16–24.