Rapport explicatif

Consultation 2009/53: Mise en œuvre et ratification de la Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains. Avant-projet de loi fédérale sur la protection extraprocédurale des témoins (loi sur la protection des témoins, Ltém) · 90 pages

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du changement d'identité, est possible dans la plupart des pays qui possèdent des programmes de protection des témoins. Certains pays permettent un changement d'identité selon lequel la personne en question n'existe plus. Dans d'autres pays, la nouvelle identité est une identité d'emprunt provisoire, l'identité d'origine étant conservée108.

Dans la pratique, les pays échangent de manière informelle leurs expériences en matière de réglementation de protection des témoins et se réfèrent aux principes développés par Europol et le Conseil de l'Europe109. Au-delà des différences entre les systèmes juridiques et les principes fondamentaux de la structure administrative des Etats membres, il y a donc certaines similitudes entre les réglementations de la protection des témoins qui ont été introduites au cours des dernières années110.

1. Le programme de protection des témoins est concentré sur un nombre relative-

ment restreint de témoins décisifs qui sont prêts à coopérer avec les autorités de poursuite pénale111;

2. le déplacement et l'identité d'emprunt sont les deux mesures ultimes permettant

d'assurer la sécurité du témoin. Ces mesures sont appliquées en fonction du type de délit et de l'ampleur de la menace, de l'aptitude du témoin ainsi que de son consentement à participer dans les conditions requises112.

2.5.2 ONU

Même s'il n'existe pas de réglementation spécifique des Nations Unies, contraignante ou non contraignante, ne concernant que la protection des témoins, depuis quelques années la tendance est de faire figurer la protection des témoins dans les conventions des Nations Unies, par ex. dans la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (2001)113 ou dans la Convention des Nations Unies contre la corruption (2003)114. Dans ces conventions, les Etats membres sont invités à prendre les mesures appropriées conformément à leur ordre juridique interne et dans la limite de leurs moyens afin de protéger efficacement les témoins qui déposent à propos d'infractions établies conformément à ces conventions. Afin d'aider les Etats membres des Nations Unies dans la mise en œuvre de ces conventions, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a entamé en 2005 l'élaboration de directives sur la protection des témoins. Plus de 60 Etats membres et organisations internationales ont été consultés à cette occasion, tels qu'Euro-

108Par ex. en Allemagne et en Autriche.

109Cf. ci-après ch. 2.5.4.2 et 2.5.5.

110Document de travail de la Commission sur la faisabilité d'un instrument législatif euro-

péen dans le domaine de la protection des témoins et des collaborateurs de justice

COM(2007)693 du 13.11.2007, p. 9. L'ONU elle aussi a constaté dans son rapport que malgré les différences touchant à la situation géographique, au système juridique et au développement économique et social, il existait des similitudes sur les points mentionnés;

cf. ONU, Good practices, p. 93 s.

111 La plupart des témoins sont des témoins impliqués dans l'infraction qui sont prêts à coopérer avec la justice et "ont changé de camp".

112 Pour les Nations Unies, la sévérité de la menace pour le témoin et la gravité du délit à propos duquel celui-ci dépose sont les critères principaux pour l'admission d'un cas dans le programme, outre l'importance du témoignage pour la procédure, la volonté du témoin à coopérer ainsi que son aptitude au niveau psychique, mental et médical ; cf. ONU, Good Practices, chap. X § D, Admission criteria, p. 95.

113 Article 24: Protection des témoins.

114 Article 32: Protection des témoins, des objets et des victimes.