Rapport sur les résultats
Consultation 2010/52: Modification du code pénal et du code pénal militaire (réforme du droit des sanctions) · 48 pages
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ait mis fin à la redondance que représentaient les deux types d’expulsion et que l’on ait confié le contrôle du droit de séjour aux autorités spécialisées. ZH et la SSDP soulignent les avantages d’une pratique uniforme. Selon BS, ce n’est pas aux tribunaux de droit pénal de réguler les migrations en tenant compte de toutes les dispositions et de tous les aspects de la législation sur les étrangers. D’autres encore128 soulignent que les services des migrations, qui s’occupent quotidiennement de mesures d’éloignement des étrangers, peuvent comparer les éléments des diverses procédures et développer des critères uniformes. Selon NE, une expulsion pourrait engendrer des situations délicates lorsqu’elle n’est pas réalisable. Le traitement par les autorités administratives permet, d’après les avocats GE, de faire en sorte que la personne en question soit éloignée dès sa sortie de prison.
La crainte a été maintes fois exprimée de voir les autorités pénales et administratives rendre des décisions contradictoires129, même en présence de critères uniformes (VD, VKM). Selon la VKM, l’indépendance des juges ne permettra pas d’harmoniser la pratique (avis similaire de la SSDP), car ils devront examiner toutes les circonstances concrètes et user d’une large marge d’appréciation, bien que les objectifs des deux instruments ne diffèrent pas: éloigner les délinquants étrangers et ne pas les laisser entrer de nouveau en Suisse. Les avocats GE rappellent que des situations complexes pourraient se présenter des années après la commission de l’infraction, du fait de la cohabitation de deux décisions, sinon contradictoires, au moins très différentes. Selon le PLR, des décisions contradictoires pourraient tourner en faveur du délinquant130.
D’aucuns131 réfutent que l’expulsion judiciaire assure une pratique uniforme. Selon la VKM, cette assertion démontre une méconnaissance du fonctionnement d’une cour composée de plusieurs juges, qui échappe en outre à toute coordination du fait de l’indépendance des juges. Elle préconise le recours à des organes administratifs, contrôlables, pour assurer une pratique uniforme. Pour certains, la formulation potestative créera des différences entre les cantons (BS) ou une pratique non uniforme (ZH, AG).
Est également réfuté le fait que l’expulsion judicaire ait un effet de prévention générale plus important132. Les décisions sur recours administratif ont souvent un certain retentissement, selon le PLR. Pour VD, il est illusoire de penser que le « signal » donné par l’expulsion pénale serait plus entendu que celui de l’expulsion administrative car dans un cas comme dans l’autre, c’est l’exécution de l’expulsion – souvent problématique) – qui est le véritable signal. Les avocats GE jugent plus utile de rappeler, lors de l’octroi et du renouvellement, la possibilité du retrait de l’autorisation de séjour en cas d’infraction pénale. La VKM, rappelant que la plupart des délinquants étrangers ne sont pas au courant de la possibilité d’une expulsion judiciaire mais savent que la police des étrangers peut prendre des mesures d’éloignement, estime que le seul moyen d’accroître l’effet de prévention générale est de donner aux polices des étrangers, comme dans la LSEE, le pouvoir de prononcer non seulement des renvois mais aussi des expulsions de durée illimitée.
La VKM poursuit ainsi: sans possibilité de report à titre d’essai, il n’est pas possible d’assurer le départ du condamné le jour de sa libération. En effet, l’expulsion judiciaire, si elle peut être assimilée à une décision de renvoi au sens de la LEtr, ne suffit pas: les autres conditions de
128 ZH; PLR; SSDP. Voir aussi NE: une expulsion ne saurait être traitée en l’absence d’autres services spécialisés.
129 BS, GE, VD; PLR; Justiz SH; avocats GE, ASM, VKM.
130 Son argumentation est la suivante : si le juge pénal renonçait à prononcer l’expulsion judiciaire (notamment parce que le prévenu est si bien intégré en Suisse qu’une expulsion risquerait de détériorer le pronostic) mais que le service des migrations, après s’être livré à une analyse plus approfondie de la situation, parvienne à la conclusion contraire pour des motifs de sécurité publique, ce dernier pourrait se voir reprocher d’être à l’origine d’une décision contradictoire des pouvoirs publics, grief qui n’est pas dépourvu de toute chance de succès devant les tribunaux administratifs. Avis similaire de GE.
131 Les Verts, PLR; JDS, avocats GE, UNIGE, VKM.
132 VD; PLR, Les Verts; JDS, avocats GE, voir aussi VKM. Selon Justiz SH et l’ASM, l’effet de prévention générale ne doit pas être mis au premier plan.