Rapport explicatif
Consultation 2012/89: Projet de création d'un fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA), de comblement du déficit prévisible et de mise en place du programme de développement stratégique des routes nationales (PRODES) · 130 pages
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Limites de capacité
Actuellement, plusieurs tronçons de route nationale sont empruntés quotidiennement par plus de 100 000 véhicules. En raison de l’augmentation du trafic sur les routes nationales ces dernières années, qui a été supérieure à la moyenne du reste du réseau routier, les routes nationales atteignent aujourd’hui, aux heures de pointe et aux endroits névralgiques, des limites de capacité qui peuvent déjà induire des dysfonctionnements à grande échelle. Compte tenu de la forte croissance du trafic sur les routes nationales depuis plusieurs années, il faut s’attendre à ce que la croissance prévue du trafic sur les routes (cf. ch. 1.1.1) continue d’affecter majoritairement les routes nationales. Cette situation aura un impact particulièrement négatif sur les tronçons de route nationale déjà fortement sollicités actuellement.
La croissance continue du trafic entraîne également une augmentation des besoins de financement pour l’exploitation, l’entretien et l’adaptation des routes nationales, de même que pour les travaux nécessaires d’extension et l’accroissement des capacités.
1.1.3 Evolution du trafic dans les villes et les agglomérations
Une grande partie de la population suisse vit dans les villes et les agglomérations. De plus, environ quatre places de travail sur cinq se trouvent dans les zones urbaines, dont les quelque 9000 kilomètres carrés représentent un peu plus d’un cinquième de la superficie totale de la Suisse. Les villes et les agglomérations sont des moteurs essentiels de l’économie. De ce fait, ce n’est pas seulement sur les routes nationales que le volume de trafic est nettement supérieur à celui qui est comptabilisé en dehors des agglomérations ; il l’est aussi sur le réseau routier secondaire et sur le réseau ferroviaire. Par conséquent, les problèmes de circulation se concentrent dans les agglomérations. 85 à 90 % des embouteillages en Suisse se forment aujourd’hui dans les agglomérations, où se superposent dans un espace très étroit les réseaux de transport locaux, régionaux et nationaux. A l’instar des perturbations survenant sur le réseau de routes nationales, qui influencent les réseaux de transport dans les villes et les agglomérations, les problèmes du trafic d’agglomération se répercutent sur les réseaux de transport principaux.
A l’avenir, les zones urbaines afficheront des taux de croissance économique et démographique supérieurs à la moyenne. Les nouveaux scénarios de l’OFS8 concernant l’évolution démographique des cantons entre 2010 et 2035 anticipent une concentration beaucoup plus forte de l’évolution du nombre d’habitants dans les agglomérations qu’on ne l’escomptait jusqu’à présent. C’est la raison pour laquelle il y a lieu de penser que les problèmes de trafic s’accentueront encore à l’avenir dans les agglomérations. L’actuel volume de trafic et l’évolution future du trafic posent d’importants défis aux infrastructures de transport nationales, régionales et locales des villes et des agglomérations. L’étroite superposition des divers réseaux et modes de transport engendrent de fortes interactions, en particulier en cas de perturbations.
8 Office fédéral de la statistique (OFS), Scénarios de l’évolution de la population des cantons de 2010 à 2035, 2011.