Rapport explicatif
Consultation 2013/63: Loi fédérale sur les services financiers (LSFin) et Loi fédérale sur les établissement financiers (LEFin) · 77 pages
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Analyse d’impact de la loi sur les services financiers (LSFin) et de la loi sur les établissements financiers (LEFin)
prestataires de services financiers. On tient compte à cet égard du fait que ces derniers portent une responsabilité considérable puisqu’il s’agit de la fortune de clients privés (par ex. des avoirs de vieillesse). La mesure ne devrait guère entraîner de coûts supplémentaires car le comportement prescrit est courant ou fait déjà l’objet de règles définies dans le cadre de l’autorégulation17.
Obligation d’information
L’obligation d’information vise à atténuer certaines asymétries entre le client et le prestataire de services financiers. Le client peut mieux évaluer la qualité de la prestation offerte et identifier certaines structures incitatives (financières) éventuelles au niveau du prestataire de services financiers (par ex. des rétrocessions). Ces rémunérations de tiers devront à l’avenir être publiées, sous une forme explicite et univoque. Dans la pratique, rien ne change pour le prestataire de services financiers, car il doit déjà respecter en droit civil ses obligations de loyauté, de diligence et d’information (cf. la section consacrée aux conflits d’intérêts).
L’utilisation du terme «indépendant» est réglée dans la LSFin. Jusqu’ici, les clients ne pouvaient pas toujours avoir la certitude qu’un prestataire de services financiers était réellement indépendant. En vertu de la réglementation proposée, les prestataires de services financiers indépendants ne pourront plus percevoir de rémunérations de tiers sans les transférer à leurs clients. On définit ainsi un signe distinctif dont le prestataire indépendant peut se prévaloir. En contrepartie, les clients n’auront plus aucune raison de douter de l’indépendance de leur prestataire de services financiers. La nouvelle réglementation n’entraînera directement aucun coût supplémentaire. Indirectement en revanche, on pourrait assister à une adaptation structurelle des tarifs des prestataires indépendants, de sorte que les clients seront plus souvent invités à payer des frais pour les conseils reçus.
L’obligation d’information devrait également atténuer d’éventuelles asymétries d’information relatives au risque de contrepartie. Des risques de cette nature existent pour de nombreux instruments financiers ou pour les prêts de titres provenant des portefeuilles des clients. Le risque que la contrepartie (la banque) devienne insolvable avant la conclusion d’un swap, par exemple, était jugé pratiquement nul avant la crise financière, et nombreux étaient ceux qui n’en étaient pas conscients. On ne pouvait presque pas s’imaginer que même de grandes banques puissent devenir insolvables et mettre ainsi en péril les avoirs de leurs clients. En vertu de la LSFin, les clients devront être dûment informés de tels risques.
Vérification de l’adéquation et du caractère approprié des services financiers
Une vérification de l’adéquation et du caractère approprié des services financiers proposés aux clients privés et professionnels est pertinente car des analyses empiriques ont révélé de fréquentes lacunes en ce qui concerne des notions de base comme la diversification des risques18. C’est notamment le cas des participants présentant certaines caractéristiques socio-économiques (bas revenus, peu de qualifications, âge et sexe)19. Souvent, on constate
17 En ce qui concerne les mandats de gestion de fortune, les banques et les gestionnaires de fortune sont tenus, en vertu des directives de l’ASB concernant le mandat de gestion de fortune ou des règles de conduite de l’ASG (toutes deux reconnues par la FINMA), d’établir un profil de risque du client ou de veiller en tout temps à la conformité de la stratégie de placement avec les objectifs d’investissement du client. Ils doivent de plus garantir une conduite des affaires irréprochable, veiller à l’intégrité du marché et défendre les intérêts légitimes des clients en toute loyauté.
18 Selon Brown et Graf (2013), plus de 25 % des 1500 personnes interrogées en Suisse dans le cadre d’une enquête sur la diversification des risques ont répondu de façon erronée ou par «ne sait pas» aux questions ciaprès: parmi les investissements suivants, lequel est le moins risqué: a) un investissement dans une seule action, b) un investissement dans un fonds ou c) ne sait pas. Lors d’enquêtes analogues effectuées dans d’autres pays, la part des réponses fausses ou des «ne sait pas» était même généralement plus élevée. Cf. également Lusardi et Mitchell (2014).
19 Selon Brown et Graf (2013), les femmes ont en moyenne fourni davantage de réponses erronées à des questions fondamentales en matière de finances et ont donc manifestement moins de connaissances que les