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Consultation 2015/79: Rapport du Conseil fédéral sur la politique de sécurité de la Suisse · 94 pages
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et à la communication) peut avoir des répercussions sur l’ensemble de la société et sur l’économie. En plus des pandémies qui menacent directement l’être humain, celles qui frappent les animaux de rente (épizooties) renferment un potentiel majeur de dommages.
2.2.7 Conclusion
Du point de vue de la politique de sécurité, il est permis d’affirmer que les cinq dernières années ont connu des développements significatifs pour la sécurité de la Suisse. La relation entre l’ouest et l’est de l’Europe, la menace terroriste liée au djihadisme et les risques dans le cyberespace figurent au premier plan.
Le premier facteur était le plus inattendu. La relation entre l’Occident et la Russie s’est fortement et durablement détériorée en raison de la situation en Ukraine. L’intervention de la Russie en Crimée et dans l’est de l’Ukraine a créé une réalité nouvelle en matière de politique de sécurité, en révélant une disposition à modifier par la force des frontières internationalement reconnues et à annexer des territoires en dépit du droit international. Il y a lieu de s’en inquiéter car cela enfreint des règles fondamentales, fermement établies en Europe et essentielles pour la sécurité. Il demeure certes peu probable que la Suisse soit elle-même directement victime d’une agression armée ou impliquée dans une telle agression. Néanmoins, la probabilité d’un conflit militaire en Europe et dans sa périphérie pouvant avoir des conséquences pour la Suisse s’est accentuée. La capacité de défense en tant que thème de la politique de sécurité est à nouveau davantage à l’ordre du jour en Europe que ce ne fut le cas depuis la fin de la guerre froide. La Suisse doit s’en préoccuper et a déjà pris des mesures essentielles en améliorant la disponibilité, l’équipement et l’instruction de l’armée dans le cadre de son développement.
Le terrorisme compte certes, depuis un certain temps, parmi les menaces les plus réelles et les plus graves, y compris pour la Suisse. La menace que fait peser le terrorisme djihadiste s’est toutefois encore aggravée ces dernières années. Cela est dû, d’une part, à l’évolution de la situation dans les régions en crise, notamment en Syrie, en Irak et en Libye, où se sont développés des nouveaux et vastes terreaux fertiles et secteurs d’opération pour le terrorisme lié au djihad. De plus, un terrorisme d’une forme et d’une ampleur inédites est apparu tout particulièrement avec l’émergence de l’organisation terroriste « Etat islamique ». D’autre part, en raison de ces situations régionales et de l’impact de la propagande terroriste, le nombre de voyageurs à motivation djihadiste et de terroristes potentiels provenant de pays européens a sensiblement augmenté, au point de représenter désormais un grave problème de sécurité, notamment en Europe. Cette évolution concerne aussi la Suisse. Elle a certes l’avantage d’offrir un terreau moins fertile et moins de prise au terrorisme islamique en raison des conditions et du contexte social qui y prévalent et de par son exposition moins controversée en politique extérieure. Elle doit toutefois tenir compte de la menace grave et durable que constitue le terrorisme djihadiste. Ce faisant, elle doit également éviter qu’une atteinte aux intérêts et à la sécurité d’autres Etats puisse être perpétrée à partir de son territoire.
Les possibilités d’utilisation abusive du cyberespace, et les abus effectifs, ont augmenté. Certes, aucune cyberattaque de grande ampleur pouvant provoquer des dégâts matériels étendus, voire des décès, n’a encore été commise. Jusqu’à présent, les cas les plus marquants dans ce domaine ont vraisemblablement été l’utilisation d’un logiciel malveillant à l’encontre d’installations d’enrichissement nucléaire en Iran ainsi qu’une cyberattaque contre une aciérie en Allemagne qui a causé des dégâts considérables aux installations. Ces dernières années, on a non seulement pu constater l’étendue des possibilités techniques d’abus dans le cyberespace, mais aussi l’absence de remords des Etats recourant à de telles pratiques. Cette menace joue également un rôle plus marqué que par le passé pour la sécurité de la Suisse ; la protection des systèmes d’information et de communication revêt désormais une importance accrue.