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Consultation 2015/79: Rapport du Conseil fédéral sur la politique de sécurité de la Suisse · 94 pages
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Rapport sur la politique de sécurité 2016 (projet) Page 45 _____________________________________________________________________________________
Dans son rapport sur l’application des recommandations de septembre 2015, le secrétaire général de l’ONU cite trois piliers centraux de son plan d’action.26
Une attention accrue doit être portée à la prévention des conflits et des ressources plus éten-
dues doivent lui être consacrées. La détection précoce de conflits potentiels et une réaction rapide sont confirmées comme étant la fonction principale de l’ONU.
L’ONU doit non seulement collaborer davantage avec des organisations régionales, mais
aussi directement avec des Etats isolés27 ou avec des institutions spécialisées28. Les partenariats de ce type, avec une répartition des tâches et des rôles taillés sur mesure, devraient être la règle à l’avenir.
La planification et la réalisation d’opérations de paix de l’ONU doivent se faire plus vite,
avec une plus grande réactivité et une plus grande imputabilité vis-à-vis des besoins des pays et des personnes concernés. Dans ce domaine, une réforme du Secrétariat de l’ONU est prévue par son secrétaire général.
Possibilités de participation accrue de la Suisse
En 2010, le Conseil fédéral a décidé, après avoir consulté les commissions de politique extérieure des Chambres fédérales, que la Suisse serait candidate à un siège non permanent au Conseil de sécurité pour les années 2023 et 2024. L’élection se fera en 2022 à l’Assemblée générale. Un siège non permanent au Conseil de sécurité permettrait à la Suisse de poursuivre sa politique extérieure et de sécurité, tout en contribuant aux travaux de cet organe en faveur de la sécurité internationale.
L’ONU revêt une importance cruciale pour l’engagement de la Suisse dans la promotion de la paix. La Suisse participe régulièrement à des missions de l’ONU en envoyant des spécialistes civils, des policiers et des experts du domaine des douanes, des observateurs militaires, des officiers de liaison et d’autres experts militaires. Un mandat de l’ONU ou, le cas échéant, de l’OSCE, est nécessaire sur le plan juridique pour des engagements de promotion de la paix de l’armée, y compris pour ceux qui ne sont pas dirigés par l’ONU elle-même (mais par l’OTAN ou l’UE sur mandat de l’ONU, comme c’est le cas au Kosovo et en Bosnie et Herzégovine). La participation des militaires se fait sur une base volontaire. Les engagements futurs de la Suisse dans le cadre de la promotion militaire de la paix pourraient s’inscrire davantage dans des missions conduites par l’ONU elle-même, une fois achevées les missions menées par l’OTAN au Kosovo et par l’UE en Bosnie et Herzégovine, qui représentent actuellement plus de 80 % des contributions de la Suisse à la promotion de la paix. Il faut partir du principe qu’à l’avenir, les opérations d’envergure seront menées plutôt par l’ONU que par l’OTAN ou l’UE parce que les opérations de ce genre se déroulent généralement en dehors de l’Europe, parce que l’intérêt manifesté par l’OTAN pour la conduite d’engagements d’envergure a décliné et parce que la conduite d’engagements majeurs n’est plus guère confiée à des organisations occidentales – comme c’était le cas ces vingt dernières années – en raison des tensions accrues entre la Russie et l’Occident.
Un renforcement de l’engagement de la Suisse dans la promotion militaire de la paix se fera principalement par des contributions de haute qualité. La logistique, le transport sur terre et dans les airs, le génie, les troupes sanitaires, l’acquisition d’information, la police militaire, le démi-
26 Il reste à déterminer, parmi les recommandations, lesquelles seront effectivement appliquées. 27 Ainsi, la France s’est engagée militairement au Mali et en République centrafricaine avec l’accord de l’ONU, avant ou parallèlement à l’engagement des Nations-Unies. 28 Un exemple en est la mission conjointe de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques en Syrie.