Rapport explicatif
Consultation 2016/1: Arrêtés fédéraux concernant l'introduction de l'échange automatique de renseignements relatifs aux comptes financiers avec le Japon · 12 pages
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sécurité et prévisibilité juridiques et favoriser un meilleur accès au marché pour les prestataires
suisses de services financiers opérant à l’international. Ainsi, des dialogues sur les activités
financières transfrontalières seront menés. L’objectif de ces dialogues est de simplifier l’accès au marché et d’augmenter la sécurité juridique pour les prestations financières internationales, ce qui devrait ouvrir aux prestataires suisses de services financiers de nouvelles possibilités d’affaires (cf. ch. 4.5).
En ce qui concerne l’introduction de l’EAR avec le Japon, il faut noter que les institutions financières concernées devront faire face à des coûts supplémentaires surtout pendant la phase d’introduction. A long terme, le processus de standardisation (par ex. l’échange périodique des mêmes données)
devrait permettre de limiter aussi bien les coûts récurrents que les coûts fixes des institutions
financières suisses. On ne peut toutefois pas exclure que la régularisation fiscale des avoirs de clients étrangers gérés par des institutions financières suisses se traduise par une tendance à la diminution de ces avoirs. La fuite de capitaux de clients suite à l’adoption de l’EAR devrait néanmoins rester limitée, étant donné que le processus de régularisation d’avoirs non déclarés au fisc est en cours depuis déjà quelques années et que l’on peut partir du principe que les attentes à son égard sont bien ancrées. Dans ce contexte, les règles applicables en matière de dénonciation spontanée au Japon devraient avoir fait évoluer la situation en matière d’avoirs non régularisés (cf. ch. 4.3).
L’introduction de l’EAR avec le Japon n’entraînera pas de désavantage concurrentiel pour les
prestataires suisses, car les principales places financières concurrentes ont fait part de leur
engagement de reprendre la norme EAR. On peut même s’attendre à ce que les avantages
concurrentiels traditionnels de la Suisse, tels que sa stabilité politique, la force et la stabilité de sa monnaie, son capital humain et ses infrastructures, pèsent encore plus lourd dans la balance, ce qui se répercutera positivement sur la compétitivité de sa place financière.
La mise en œuvre de la norme EAR se traduira par une augmentation des charges financières des autorités fiscales fédérales et cantonales.
En ce qui concerne les conséquences fiscales, il faut distinguer entre, d’une part, les effets des
déclarations de la Suisse aux autorités fiscales étrangères et, d’autre part, ceux des déclarations que le fisc suisse recevra lui-même de l’étranger en vertu de la réciprocité des accords conclus avec les Etats partenaires.
Les déclarations de la Suisse à l’étranger pourront entraîner un recul des recettes fiscales au niveau fédéral et cantonal, parce que les institutions financières pourront déduire les coûts liés à l’application de l’EAR de l’assiette fiscale de l’impôt sur le bénéfice, à titre de charges. De plus, les marges plus faibles et l’éventuel recul des actifs sous gestion qui découleront de l’EAR réduiront également les bénéfices du secteur financier, ce qui pourrait diminuer les revenus de l’impôt sur le bénéfice et indirectement ceux de l’impôt sur le revenu – si un possible fléchissement de l’emploi ou tendance à la diminution des salaires devrait intervenir. Du fait de l’obligation engendrée par l’EAR de déclarer de facto les revenus qui n’ont pas été déclarés (régularisation), il faut s’attendre à une augmentation des demandes de remboursement de l’impôt anticipé émanant de l’étranger. Les recettes de l’impôt anticipé pourraient s’en voir réduites, exception faite de l’impôt résiduel, qui ne peut pas être demandé en remboursement.
Inversement, la règle de réciprocité prévue dans la norme EAR présente un potentiel d’augmentation des recettes fiscales pour la Confédération et les cantons provenant d’avoirs actuellement non
imposés détenus par des personnes assujetties à l’impôt en Suisse auprès d’agents payeurs
étrangers. Ces avoirs pourront être découverts sur la base des déclarations provenant de l’étranger ou d’auto-dénonciations (sans suites pénales) des contribuables.
Au demeurant, renvoi est fait au message du 5 juin 2015 sur le MCAA et la LEAR13.
13 FF 2015 4975, pp 5052 ss
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