Rapport explicatif
Consultation 2021/16: Nouvelle ordonnance sur les diagnostics in vitro et modification de l'ordonnance sur les essais cliniques des dispositifs médicaux · 71 pages
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Rapport explicatif ODiv et OClin-Dim
4.3 Conséquences économiques et conséquences diverses
La nouvelle réglementation a pour but d’améliorer significativement la sécurité et la qualité des dispositifs médicaux. Les charges impliquées par les exigences accrues dans ces deux domaines augmenteront à toutes les étapes du cycle de vie des dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (de la recherche jusqu’à la surveillance du marché en passant par le développement, le contrôle, la production et l’évaluation de la conformité), ce qui est susceptible de se répercuter sur les coûts et éventuellement sur la disponibilité de l’offre de dispositifs. Ces répercussions, qui touchent tous les pays du marché intérieur européen de la même façon, doivent cependant aussi être intégrées en Suisse, si l’on souhaite parvenir à une meilleure sécurité des dispositifs et des patients et maintenir un accès privilégié à ce marché intérieur.
Afin d’évaluer l’impact global de la nouvelle réglementation sur l’économie suisse, l’OFSP et le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) ont commandé une analyse approfondie d’impact de la réglementation (AIR)21. Cette analyse a été réalisée par Ecoplan SA, en collaboration avec Axxos Sàrl, un bureau de conseil dans le domaine de la technique médicale. L’industrie suisse dans ce domaine est largement portée par des PME (près de 94 % des entreprises du secteur), et les marchés étrangers sont capitaux pour écouler la marchandise : en 2017, les exportations ont représenté environ trois quarts du chiffre d’affaires et environ la moitié des dispositifs exportés l’ont été vers des pays de l’UE ou de l’AELE.
Les conséquences des adaptations prévues dans la réglementation sur les dispositifs médicaux ne peuvent donc être évaluées dans l’AIR qu’au moyen de suppositions effectuées sur la base de modélisations. L’AIR part du principe que près de 20 % des fabricants de dispositifs médicaux sont actifs dans le sous-groupe des dispositifs médicaux de diagnostic in vitro. La branche des dispositifs médicaux de diagnostic in vitro, d’après une étude menée pour la première fois en 2019, assure une création de valeur chiffrée à deux milliards de francs et emploie près de 14 300 collaborateurs d’après ses indications. Il est impossible de fournir des indications précises sur des groupes de dispositifs en particulier ou sur des types d’entreprises spécialisées le long de la chaîne de développement ou de production des dispositifs médicaux.
4.3.1 Fabricants
Les nouvelles réglementations instaurées dans l’intérêt d’une amélioration de la sécurité des patients engendrent pour les fabricants de dispositifs médicaux une augmentation considérable des charges liées aux obligations de documentation et de preuve (caractéristiques de performance, sécurité, surveillance systématique tout au long du cycle de vie des dispositifs) et de celles liées à la garantie de la traçabilité. En outre, les exigences relatives aux études des performances et aux évaluations des performances seront plus élevées. Les fabricants devront également prévoir une hausse des coûts pour les évaluations de conformité externes. Autre nouveauté : les fabricants devront désormais faire appel (en interne ou en externe) à une personne disposant des compétences spécialisées nécessaires pour assumer la responsabilité du respect des prescriptions réglementaires. L’AIR estime les besoins supplémentaires en personnel à environ 1000 postes à temps plein, dispositifs médicaux de diagnostic in vitro inclus. Étant donné que ces postes requièrent des personnes expérimentées possédant des qualifications techniques particulières, il faut en outre s’attendre à ce que le secteur manque de personnel prochainement. Cela représente cependant aussi l’occasion pour les universités et les hautes écoles suisses de créer de nouveaux cursus dans ce domaine.
Cette augmentation des charges entraîne une hausse des coûts pour les fabricants et les fournisseurs. L’AIR chiffre ces surcoûts à 525 millions de francs après la phase de transition. Si l’on considère uniquement les fabricants actifs dans ce sous-groupe, il faut s’attendre à des surcoûts d’environ 105 millions de francs. L’AIR qualifie toutefois ces coûts de frais « inévitables », c’est-à-dire que ces frais s’imposeront à l’industrie suisse des dispositifs médicaux (qui écoule la majorité de sa marchandise sur le marché intérieur européen) indépendamment
21 Ecoplan/axxos : Regulierungsfolgenabschätzung zur Revision des Medizinprodukterechts, Berne, 22 août 2018