Rapport explicatif
Consultation 2023/38: Modification de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI) (Adaptation du délai d’attente pour le regroupement familial des personnes admises à titre provisoire) · 11 pages
Fedlex · Rapport explicatif · Page 3Fedlex · Rapport explicatif
Rapport explicatif
1 Contexte
1.1 Nécessité d’agir et objectifs visés
Historique du délai d’attente inscrit dans la LEI
Abrogées depuis, les dispositions de la loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l’établissement des étrangers1 (LSEE) relatives au statut de l’admission provisoire sont entrées en vigueur en 19872. Elles ne contenaient pas de règles spécifiques sur le regroupement familial. Jusqu’au 1eroctobre 1999, le regroupement familial des personnes admises à titre provisoire était réglementé par l’art. 7 de l’ordonnance du 25 novembre 1987 sur l’admission provisoire et l’internement des étrangers. Cette disposition subordonnait notamment l’autorisation de regroupement familial à la condition que la police cantonale des étrangers soit disposée, au préalable, à accorder à l’étranger une autorisation de séjour3.
Pour les réfugiés admis en Suisse à titre provisoire, le regroupement familial était réglementé par l’ordonnance 1 sur l’asile du 11 août 1999 (art. 39, al. 1), qui prévoyait un délai d’attente de trois ans, formulé de la manière suivante : « L’office fédéral autorise, sous réserve de l’al. 2, l’entrée en Suisse des membres de la famille de réfugiés admis à titre provisoire qui ont présenté une demande d’asile lorsque ces derniers ne peuvent, dans les trois ans suivant le jour où leur admission provisoire a été ordonnée, se rendre dans un État tiers. »4 Selon la jurisprudence, ce délai de trois ans s’appliquait non pas de manière automatique mais en fonction des circonstances du cas d’espèce, c’est-àdire de la possibilité ou non que le regroupement familial ait lieu dans un État tiers avant l’expiration du délai5.
Le regroupement familial et le délai d’attente de trois ans concernant toutes les personnes admises à titre provisoire ont été inscrits en mars 2005 dans la LSEE, au cours des débats parlementaires sur la révision partielle de la loi sur l’asile (LAsi). Cette réglementation est entrée en vigueur le 1erjanvier 20076. Depuis le 1erjanvier 2008, elle se trouve dans la LEI7 (art. 85, al. 7)8.
En octobre 2016, le Conseil fédéral a adopté un rapport9 qui fait le point sur le statut de l’admission provisoire. Il y a présenté trois options pour modifier le statut juridique de l’admission provisoire afin de mieux correspondre à la réalité actuelle (concernant les conditions d’octroi, le changement de canton et le regroupement familial, par ex.). C’est à cette aune que le Parlement a accepté la motion 18.3002 « Adaptations ponctuelles du statut des étrangers admis à titre provisoire », déposée par la Commission des institutions politiques du Conseil des États le 18 janvier 2018, qui chargeait le Conseil fédéral de présenter un projet de loi ad hoc afin d’éliminer les principaux obstacles à l’intégration professionnelle des personnes qui restent en Suisse à long terme. Elle ne portait toutefois pas sur le regroupement familial. Le 17 décembre 2021, le Parlement a adopté une modification en ce sens de la LEI10. Les règles énoncées à l’art. 85, al. 7 à 8, LEI concernant le regroupement familial n’ont alors pas été modifiées en
1RO 49 279
2RO 1987 1665
3Cf. ATF 126 II 335, p. 341.
4Cf. art. 51, al. 5, aLAsi en relation avec l’art. 39 aOA 1 ; cf. RO 1999 2302.
5JICRA 2006/7, consid. 7
6RO 2006 4745 4767 ; FF 2002 6359
7 RS 142.20
8 Cf. BO 2005 E 322 (intervention de Trix Heberlein, rapporteur de commission, dans le cadre de l’examen de l’objet 02.060 « Loi sur l’asile. Révision partielle ») ; voir aussi le texte soumis au vote final, in : FF 2005 6885 ; RO 2007 5437
9 Rapport du 12 octobre 2016 du Conseil fédéral « Admission provisoire et personnes à protéger : analyse et possibilités d’action », disponible sur www.sem.admin.ch > Publications & services > Rapports
10 FF 2021 2999 3/11