Rapport explicatif

Consultation 2026/71: Politique agricole 2030+ · 135 pages

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Figure 2 : Prévisions concernant les indicateurs « taux d’autosuffisance en calories » et « taux d’autosuffisance en protéines »

Accusant un recul projeté de 1000 ha par an en moyenne, la surface agricole utile, qui est un facteur de production important, devrait aussi subir une évolution négative. Les terres assolées, notamment, n’ont cessé de reculer ces dernières années à cause de l’extension des infrastructures et des zones d’habitation. Comme cette tendance devrait se poursuivre, l’objectif visant à maintenir le niveau de 2022 ne sera très probablement pas atteint. L’affectation des terres assolées à la culture de denrées directement destinées à l’alimentation humaine est restée à un niveau constant durant les trois années analysées. La hausse visée de huit points de pourcentage entre 2021 et 2030 sera difficilement atteignable. La dépendance aux importations de moyens de production, mesurée à l’aune de la valeur de la production, est un facteur décisif pour la sécurité alimentaire. La part de ces importations a fluctué de 9 % au cours des dernières années. On ne s’attend pas à ce que cette dépendance s’atténue d’ici 2030. Ces dernières années, de plus en plus d’exploitations agricoles ont adopté des approches de production globales, comme l’agriculture biologique ou la production intégrée (IP-Suisse), même si cette tendance s’essouffle aujourd’hui. Selon les prévisions quantitatives, la croissance visée de trois points de pourcentage pourra très probablement être atteinte. Les experts tablent cependant sur une probabilité modérée en raison du ralentissement de la demande dans certains segments. Les modélisations indiquent en outre que dans près de 30 % des régions analysées, la production fourragère n’a pas pu couvrir les besoins des ruminants entre 2021 et 2023. L’objectif consistant à faire passer cette part à 23 % ne sera probablement pas atteint. Il faut également s’attendre à ce que la protection durable des cultures reste compliquée pour de nombreux systèmes de production. Cela se traduit notamment dans l’évolution des surfaces cultivées avec des variétés résistantes ou par le nombre croissant d’organismes nuisibles, contre lesquels les mesures de lutte sont insuffisantes pour protéger les plantes cultivées concernées. Ces indications de lacunes ont augmenté de 15 % entre 2022-2024 et 2025 et devraient manquer l’objectif 2030.

b.) Réduction de l’empreinte écologique, de la production agricole à la consommation

Du côté de la production, l’empreinte écologique a pu être réduite dans plusieurs domaines, notamment celui des risques liés à l’utilisation de produits phytosanitaires. On peut supposer qu’une réduction de moitié sera possible d’ici 2027, par rapport à la période 2014-2017, dans les catégories « habitats proches de l’état naturel » et « eaux souterraines ». Pour atteindre l’objectif de réduction des risques dans la catégorie « eaux de surface », il faudra une mise en œuvre totale des mesures déjà planifiées. Les pertes de phosphore ont elles aussi pu être réduites ces dernières années, et l’efficience de cet élément a été améliorée. L’objectif de réduction de –20 % d’ici 2030, par rapport à 2016-2017, devrait pouvoir être atteint. Il faut toutefois préciser que les réserves de phosphore dans les sols sont très élevées à certains endroits : le ruissellement de phosphore peut donc encore représenter une menace pour les cours d’eau. Le progrès technologique et les mesures de la politique agricole déjà prises, telles que la suppression de la marge d’erreur de 10 % dans le Suisse-Bilanz, seront en outre décisives.

À l’inverse, les émissions de gaz à effet de serre, les pertes d’azote et la qualité de la biodiversité n’évoluent pas dans le bon sens : les émissions de gaz à effet de serre dans l’agriculture n’ont pas diminué et se situent à 7,8 millions de tonnes de CO2 en moyenne sur les dernières années (Figure 3). Les pertes d’azote ne pourront pas atteindre le niveau visé en 2030, et l’objectif devrait être manqué d’environ 3000 tonnes d’azote. Le niveau de qualité de la biodiversité sur les surfaces agricoles utiles en 2030 ne sera pas non plus celui visé. Du côté de la consommation, les émissions de gaz à effet de serre ont certes pu être réduites au cours des dernières années, mais les experts estiment moyennement probable qu’elles descendent à 1,6 tonne d’équivalents CO2 par personne et par an d’ici 2030. S’agissant du lait de consommation, le comportement de consommation correspond aux quantités recommandées. Dans les groupes de produits du sucre et de la viande, de grosses lacunes rendent la réalisation des objectifs d’ici 2030 peu probable.